Modifications de contenus (nouvelles) + section
Théâtre avec les Saynettes.
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@@ -4,7 +4,9 @@ date: 2021-08-17
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UN CERTAIN NOMBRE DE TRACASSERIES MAIS AUSSI DE SATISFACTIONS EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE SALOMBIE
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<!-- UN CERTAIN NOMBRE DE TRACASSERIES MAIS AUSSI DE SATISFACTIONS EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE SALOMBIE -->
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Mesdames et messieurs,
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J'ai une seule fois séjourné en Salombie, à l'époque – courte, heureusement – où celle-ci s'était érigée en République populaire sous l'impulsion du camarade Garcia-Só. J'y allais pour une lecture littéraire internationale avec dans ma valise des feuillets de Kavvadias, de Ferlinghetti et de Carpentier. De Cuba, je pris l'avion vers Bahia. J'arrivai à Novas Portas par un train de nuit. Disons que sur mille tracasseries que j'aillais connaître durant mon séjour, ce simple voyage de nuit ferroviaire en avait consommé déjà deux cents – contrôles tatillons et répétés, toilettes défaillantes, voisins fort désagréablement ignorants et cahots bruyants : je n'en dirai pas plus.
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@@ -94,7 +96,7 @@ Les habitants étaient plus nombreux maintenant et ils applaudissaient l’avanc
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– Écoutez ces gens, me dit Echaleas en me donnant pour mon retour une de ses valises en remplacement de la mienne perdue à la Maison, ils ne sont pas loin de nous remercier des nuits d’angoisse que nous provoquons ! Mettre en branle l’État, ça leur plaît, n’importe comment.
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Je mis bien évidemment cette scène et ces paroles au crédit de mes satisfactions salombiennes. Je n’eus plus l’occasion de retourner à Novas Portas ni de revoir ces braves gens. Mais je suis heureux d’avoir écrit le souvenir de cette Salombie-là et de ses héros.
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Je retiens cette scène, mesdames et messieurs, au crédit de mes satisfactions salombiennes. Je n’eus plus l’occasion de retourner à Novas Portas ni de revoir ces braves gens. Mais je suis heureux de vous avoir exprimé ces souvenirs. Je crois que certaines amitiés nous sont rêvées et qu'elles nous laisse une *nostalgie heureuse*. Je fus l'ami fortuit de cette Salombie-là et de ses héros.
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Yves Picard,
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nuit du 17 août, 18-20 août 2021.
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@@ -5,7 +5,7 @@ Célébrer le scooter, chanter du rock'n'roll. Se mettre propre, sur soi, se sap
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*Bon sang*... Je n'ai aucun mal à mettre des mots durs sur tout ça. À l'époque, avec les copains, j'aurais déjà cogné sur le clapet d'un mec qui se serait permis d'en dire la moitié. Un peu de sang collait bien à notre image, on trouvait. Sauf à Paris quand on y montait rêver aux bécanes, claquer nos thunes dans les blousons et de la fringue, baver aux disques d'import. Là, nous rasions les murs : nous étions des minets pour les cats de Paname, fallait faire gaffe aux rencontres. Aller à Londres, ça c'était le rêve. Avant le paradis, un jour, d'aller en Amérique !
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J'irai jamais en Amérique. J'irai pas au paradis. J'ai trop croisé de putes dans ma vie pour me laisser une chance – sauf toi mon ange. J'ai trop croisé de fils de putes et moi je croyais qu'au rock'n'roll, enfin je croyais que ce qu'il disait était vrai. Juste et vrai. Je le crois encore mais autour de moi tout le monde triche. On truque le monde et on truque le rock'n'roll, c'est pareil. Oui, c'est pareil ! Ne pas respecter une illusion, alors que le monde n'est qu'une vaste blague triste, c'est pas *straight*, c'est pas recta. Bon, en même temps, c'est comme ça, faut s'y faire. Enfin, j'aurais pu ou dû m'y faire, hein ? Mais non.
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J'irai jamais en Amérique. J'irai pas au paradis. J'ai trop croisé de putes dans ma vie pour me laisser une chance – sauf toi mon ange. J'ai trop croisé de fils de putes et moi je ne croyais qu'au rock'n'roll, enfin je croyais que ce qu'il disait était vrai. Juste et vrai. Je le crois encore mais autour de moi tout le monde triche. On truque le monde et on truque le rock'n'roll, c'est pareil. Oui, c'est pareil ! Ne pas respecter une illusion, alors que le monde n'est qu'une vaste blague triste, c'est pas *straight*, c'est pas recta. Bon, en même temps, c'est comme ça, faut s'y faire. Enfin, j'aurais pu ou dû m'y faire, hein ? Mais non.
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Maintenant je t'écris, ma fille. C'est possible que ce soit la dernière fois, mon ange. J'écume, j'ai la gorge sèche, tout m'est refusé. À part crever. Là, à l'infirmerie – et ça n'est pas la *Saint James*, je t'assure. Bon, c'est comme ça comme je te disais, mais cette fois il faut que je m'y fasse. Vraiment.
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@@ -28,9 +28,9 @@ J'ai pas tout compris, c'était tard le soir et j'étais naze. Il faut comprendr
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J'espère que tu as d'autres chansons encore à passer à la radio. Ou que tu prépares un nouveau disque. Avec ces musiciens j'espère. Parce que tu sais, en musique, faut être fidèle à ses musiciens, à ses copains, à sa bande. Il faut créer son monde. L'imposer aux autres cons. Que ça n'ait pas marché pour moi, ce n'est pas une preuve. Il faut aller de l'avant. Rappelle-toi, toujours droit devant. Comme le rock'n'roll. Aller vite.
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Ta mère elle courait. Je n'ai même jamais su me tenir à sa hauteur. Elle a fait tout très vite, m'avoir, t'avoir, s'avoir et les avoir tous en fin de compte ses crédit-débiteurs. Moi je ne lui en veux aucunement, note-le bien. Elle était sur la route, tu vois ?, et j'y étais aussi. Tu y est née, c'est le destin. On nait toujours sur une certaine route. Aux carrefours, on bifurque, on fait des rencontres, on *pactise*. Après on jouit et on finit tous à Memphis à ce qu'il parait. Ou dans le désert, parmi les pelles mécaniques comme dit un autre chanson. Moi je serai bientôt avec Elvis. Je souhaite que ce soit pareil pour toi.
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Ta mère elle courait. Je n'ai même jamais su me tenir à sa hauteur. Elle a fait tout très vite, m'avoir, t'avoir, s'avoir et les avoir tous en fin de compte ses crédit-débiteurs. Moi je ne lui en veux aucunement, note-le bien. Elle était sur la route, tu vois ?, et j'y étais aussi. Tu y est née, c'est le destin. On nait toujours sur une certaine route. Aux carrefours, on bifurque, on fait des rencontres, on *pactise*. Après on jouit et on finit tous à Memphis à ce qu'il parait. Ou dans le désert, parmi les pelles mécaniques comme dit une autre chanson. Moi je serai bientôt avec Elvis. Je souhaite que ce soit pareil pour toi.
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Bon, Daniela, voilà que je chiale. C'est con, mais... Ce n'est pas ça l'important, Daniela l'important c'est que le rock'n'roll est romantique. Voilà, c'est dit. C'est écrit même. Je le comprend là, maintenant, je ne sais pas trop pourquoi. Mais si ça doit être ma dernière parole, hé bien je suis volontaire
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Bon, Daniela, voilà que je chiale. C'est con, mais... Ce n'est pas ça l'important, Daniela l'important c'est que le rock'n'roll est romantique. Voilà, c'est dit. C'est écrit même. Je le comprend là, maintenant, je ne sais pas trop pourquoi. Mais si ça doit être ma dernière parole, hé bien je suis volontaire,
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*Be romantic, Daniela*.
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@@ -38,4 +38,3 @@ Ton père.
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{{<image float="center" width="20em" frame="true" caption="Couverture du recueil *Bonnes Nouvelles*" src="images/9782376540250.png">}}
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