J'espère que ça rattrape le tout ?

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title: "La Petite Passe tranquille"
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title: "La Petite Passe tranquille"
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date: 2017-04-14T11:25:05-04:00
description: "Esmeralda"
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tags: []
title: "Chapter VI: Esmeralda"
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We are delighted to be able to inform the reader, that during the whole of
this scene, Gringoire and his piece had stood firm. His actors, spurred on
by him, had not ceased to spout his comedy, and he had not ceased to
listen to it. He had made up his mind about the tumult, and was determined
to proceed to the end, not giving up the hope of a return of attention on
the part of the public. This gleam of hope acquired fresh life, when he
saw Quasimodo, Coppenole, and the deafening escort of the pope of the
procession of fools quit the hall amid great uproar. The throng rushed
eagerly after them. “Good,” he said to himself, “there go all the
mischief-makers.” Unfortunately, all the mischief-makers constituted the
entire audience. In the twinkling of an eye, the grand hall was empty.
To tell the truth, a few spectators still remained, some scattered, others
in groups around the pillars, women, old men, or children, who had had
enough of the uproar and tumult. Some scholars were still perched astride
of the window-sills, engaged in gazing into the Place.
“Well,” thought Gringoire, “here are still as many as are required to hear
the end of my mystery. They are few in number, but it is a choice
audience, a lettered audience.”
An instant later, a symphony which had been intended to produce the
greatest effect on the arrival of the Virgin, was lacking. Gringoire
perceived that his music had been carried off by the procession of the
Pope of the Fools. “Skip it,” said he, stoically.
He approached a group of bourgeois, who seemed to him to be discussing his
piece. This is the fragment of conversation which he caught,—
“You know, Master Cheneteau, the Hôtel de Navarre, which belonged to
Monsieur de Nemours?”
“Yes, opposite the Chapelle de Braque.”
“Well, the treasury has just let it to Guillaume Alixandre, historian, for
six hivres, eight sols, parisian, a year.”
“How rents are going up!”
“Come,” said Gringoire to himself, with a sigh, “the others are
listening.”
“Comrades,” suddenly shouted one of the young scamps from the window, “La
Esmeralda! La Esmeralda in the Place!”
This word produced a magical effect. Every one who was left in the hall
flew to the windows, climbing the walls in order to see, and repeating,
“La Esmeralda! La Esmeralda?” At the same time, a great sound of applause
was heard from without.
“Whats the meaning of this, of the Esmeralda?” said Gringoire, wringing
his hands in despair. “Ah, good heavens! it seems to be the turn of the
windows now.”
He returned towards the marble table, and saw that the representation had
been interrupted. It was precisely at the instant when Jupiter should have
appeared with his thunder. But Jupiter was standing motionless at the foot
of the stage.
“Michel Giborne!” cried the irritated poet, “what are you doing there? Is
that your part? Come up!”
“Alas!” said Jupiter, “a scholar has just seized the ladder.”
Gringoire looked. It was but too true. All communication between his plot
and its solution was intercepted.
“The rascal,” he murmured. “And why did he take that ladder?”
“In order to go and see the Esmeralda,” replied Jupiter piteously. “He
said, Come, heres a ladder thats of no use! and he took it.”
This was the last blow. Gringoire received it with resignation.
“May the devil fly away with you!” he said to the comedian, “and if I get
my pay, you shall receive yours.”
Then he beat a retreat, with drooping head, but the last in the field,
like a general who has fought well.
And as he descended the winding stairs of the courts: “A fine rabble of
asses and dolts these Parisians!” he muttered between his teeth; “they
come to hear a mystery and dont listen to it at all! They are engrossed
by every one, by Chopin Trouillefou, by the cardinal, by Coppenole, by
Quasimodo, by the devil! but by Madame the Virgin Mary, not at all. If I
had known, Id have given you Virgin Mary; you ninnies! And I! to come to
see faces and behold only backs! to be a poet, and to reap the success of
an apothecary! It is true that Homerus begged through the Greek towns, and
that Naso died in exile among the Muscovites. But may the devil flay me if
I understand what they mean with their Esmeralda! What is that word, in
the first place?—tis Egyptian!”

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title: Là eussent dû être des amis
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> Pour Nicolas Giacometti.
> Samples de J. P. Jacobsen [^footnote]
> [^footnote]: Pour ceux chagrins du procédé, je dis que parmi des textes à sauver dune apocalypse, je choisirais cette nouvelle de Jacobsen, *Là eussent dû être des roses*. De ceci, je tire lobligation de me servir de ce texte.Là eussent dû être des amis.
>
>
Là eussent dû être des amis
De ces grands amis d'un jaune pâle.
Ils eussent dû se tenir accoudés au comptoir, silencieux, laissant négligemment descendre leur délicat visage vers les ornières du plancher.
Et donnons-leur le subtil et fugace parfum de la compassion, chaleureux comme celui de pensées conçues en leurs rêves. Ou encore eussent-ils dû être tapageurs, ces amis ?
Peut-être.
***
L'action pourrait se dérouler au sein de la Petite Passe tranquille, maison dont j'ai déjà eu l'occasion d'écrire ailleurs la vie, la mort, l'étrange existence que nous y avons menée. Il faudrait peut-être réaffecter l'endroit, lui donner quelques détails pour en faire un décor qui vaille le coup.
Un lieu-besoin pour un théâtre-proverbe.
De la même façon, des personnes auxquelles nous pensons, il s'agirait de n'en prendre qu'une partie, de telle sorte qu'ils puissent devenir des personnages de théâtre-proverbe, et pas plus. Surtout pas plus.
Ainsi dessiné le lieu, ainsi réduits les acteurs.
Nous pouvons imaginer : c'est bien peu de choses, eu égard au résultat visé.
***
Tout est gris et vert, une longueur de zinc, comme un quai vide de Recouvrance, endroit sec où des auréoles feraient souvenir, où tant sont venus, d'où tant sont repartis, à Brême Loïc, Vincent vers Niamey ou Thierry venu de Saint-Malo. On s'y accouderait plutôt aux coins martelés, avec vue sur les humbles petits clous à tête plate quasiment alignés qui enforcent la tôle sur le comptoir, vieil étal de lancien boucher du village, M. Roger. Lieu d'arrivée et de en-partance, exactement juste en face d'un profond miroir mité qui garde l'image de qui est venu, de qui revient et retrouve là sa gueule éternelle. C'est là qu'eussent dû se tenir ces amis et ils eussent dû se pencher précisément à cet endroit où le dehors peut se voir, fenêtre-tableau du monde sur le mur jaune où se vantent par ailleurs des apéritifs et des guerres coloniales. Les croisées de la fenêtre découpent la vue en une mosaïque d'images, deux ou trois ciels et mers bleu-vert, des fruits orange et le chemin. Immobile chemin d'un bord de mer à quoi ou à qui on adresse un regard, un failli salut et des pensées qu'on tait à l'aide d'un hochement de tête alors qu'un voyageur, jeune, déjà las et poussiéreux y passe il est parvenu bien au-delà, au moins d'une lieue, d'où il voulait aller.
À quoi songe-t-il ?
Les bancs, les tables, les tabourets semblent sortir des planches, il y a partout des caches pour le souffleur du théâtre-proverbe. Le bois est entendeur, absorbeur, meubleur d'emblée, il connaît la chanson et renvoie les hommes à ce qu'ils sont : des personnages, des gens qui vont à la cave sortir une bouteille, la posent, la boivent, des bouche-trous, des remplaçables bien que nous pensions à des gens précis.
Des guerres, des Glorieuses, des révolutions auraient laissé passer des couleurs : ciment tiède, formica moderne, métal-usé, le brun du charbon, le bleu-blanc d'un paquet de cigarettes, la noire usure de la cire.Des livres traîneraient, oui, sûrement il en traînerait.
***
Du chemin immobile, il ne faudrait garder que son inlassable faculté à venir de, à s'en aller vers, le pouvoir qu'il a d'être oubli ou obsession, un chemin comme une porte que chacun franchit d'une manière bien à lui. Un passage secret gardé par un épineux, d'un côté, une bouée en béton, de l'autre. Le doute du paysage : serait-on au bord d'une vasière, le long d'un aber à marée basse ? Le large est-il derrière cette pointe, en face, ou bien vient-il baigner lui-même ces rochers à naufrage, sans formes ? Le chemin hésiterait au-devant de la maison, rotonde de questions en suspens, peut-être un banc pour le voyageur.
Au sol de cet espace rond s'imposerait du béton, défait dans sa hauteur mais solide au roc, du fer encore à rouiller pris dedans. Günter a vécu là. Tellement de questions qu'il n'a pas pu résoudre ! Il fallait surveiller, Günter s'est enterré au cœur du problème.
La maison a quant à elle abandonné ce rôle il y a bien deux siècles, lorsque Jean Valletaille y est mort.
Sa mauvaise façade plisse deux yeux, face au vent, une porte verte à l'encoignure, protégée par une petite hauteur en granite. Elle grince mollement. Le voyageur entre, en songeant. Il y a une odeur de cantine.Les personnages : des pages, des rois. Ils pourront échanger leurs rôles comme on battrait les cartes, des figures, des brelles tout pareil. Taper le carton pour voir ce qu'il en sort, voilà du théâtre-proverbe, un talon d'Achilles posé sur la table, sans discuter.
***
Ce serait un après-midi de Saint-Jean que le voyageur passerait la porte, ses chaussures de ville faisant soudainement bruit sur le plancher. Hésitation-silence quelques pas finissant en une chaise tirée. Le décor retrouve sa fixité.
Entre le bois et les personnages, il y a le tenancier. Imagine-le tel que sans lui le bois aurait le juste trop d'importance qui ferait de la pièce un lit clos, un espace pour asthmatique. Être observateur : remarque la patine au coin du comptoir où sa vie passe, l'usure des coudes sur la petite table du fond où il écoute parler son ami Pierrot, la légère déformation de la chaise où il dort, la marque de l'effort à tirer la trappe de la cave. Ce sont les indices d'un corps qui s'est arrêté un jour à la Petite Passe tranquille et qui n'en a plus bougé. Ce tenancier peut te paraître flou, un peu âgé, on le sent toujours un peu en arrière de là où il se tient physiquement lui dirait « un peu plus en avant ».Quelqu'un qui s'arrête ne l'étonne en rien. « Qu'est-ce vous voulez ? » est une question qu'il ne poserait pas. Sans bruit véritable, il empoigne la bouteille, chope un verre et apporte le tout sur la table du voyageur qui saura bien s'en débrouiller.
« Toujours une chose en face de l'autre », voilà le vers auquel je songeais, songe à nouveau le voyageur en se débrouillant avec les verres.
Tant et si bien quil exaspère sa solitude.
Dans la porte du fond pourtant vient la foule des personnages auxquels nous pensons.
Au tenancier, lun deux :
Où sont donc partis les habitués ?
Cest la Saint-Jean, ils sont tous de lautre côté de leau à boire le vin nouveau.
Et toi, quel nouveau vin as-tu pour nous ?
Toujours le même, celui de Simon Tanner !
Va pour celui-ci, puisque cest toi qui le choisis.
Il y a des bruits alors dans ce lieu tranquille, mais songe à leur réalité particulière : le tenancier tire sa chaise, au son du plancher il trouve sa place à tirer la trappe, on entend le dos forcer tandis quil se glisse sous la planche. Lhumidité de la cave a le bourdon paisible dune réserve à jamais inépuisable, la terre battue sonne comme la sagesse. Comprends que pour ceux du plancher den-dessus, ces bruits seraient différents : pour les uns, lindustrie humaine à savoir préparer les adjuvants du bonheur. Pour le jeune citadin attablé, la désespérante frappe de la pluie sur un toit de campagne.
Car il pleuvrait, dehors.
Lentrechoque des bouteilles. Les seconds rôles auraient apprêté : Duralex sur la nappe, tiré la table dans lespace vide du centre de la pièce, du poivre sorti auprès des œufs durs du comptoir. Tout est là pour la première scène, bien que toi tu saches quil y en a eu dautres avant. Cest à un dimanche que tu as à faire, les jours de la semaine ne sont quintermèdes pour ces Indiens.
Ce sont de joyeux drilles, sans cesse à se moquer, ayant la faculté et la connaissance pour déjouer tous les pièges du monde. Ils ont accès à des écrits mystérieux, ce sont des hommes qui peuvent. Ils convoquent lorsquils parlent toute une cour incroyable de clients, de figures, des hommes et des femmes encore plus supérieurs dont ils font dire des choses et des choses exactes. Même leurs silences sont des bribes de vie enviable. Combien de temps doivent-ils passer dans leur atelier secret pour fondre lor et largent de leurs pensées effrayantes ! Par quel mystère ne brillent-ils pas comme des soleils par ce temps pluvieux ? La conversation se mêle au vin et le vin se mêle aux pensées et les pensées se mêlent au temps : tout cela est bon et résistant à lusure. Et plus les dieux parlent, plus le jeune homme sefface. Sa jeunesse lui pèse.
***
Dans un lieu différent, des conversations animées : un salon en plastique où se côtoient des icônes, où des mains se superposent et des paroles sont tenues tranquilles au-dessus de verres colorés. On y joue une belote dattouchements, écharpe blanche contre écharpe rouge, col Mao sinquiète de chemise écrue, chaussures anglaises samourachent de chignons espagnols. La moquette est très regardée, les murs séloignent. Univers mou en forme de ballon jetable, cependant increvable. Un adolescent étrange dédaigne déjà la fête du jour. Il trimballe sa mine et nest pas loin de ressembler à un second voyageur qui se promènerait le long dune eau pour finalement passer une porte, ses chaussures de ville faisant soudainement bruit sur le plancher. Hésitation-silence quelques pas finissant en une chaise tirée.
Quelle certitude a place en ce lieu ? Il sassoit ce jeune homme non loin de lautre jeune homme.
Physiquement, il est une rose belle de regrets.
Moralement, cest une toundra, au raz des pâquerettes.
Un jeune homme, cest un intrus ; deux, cest une foule qui envahit et qui fait résonner les planches dune façon singulière aux oreilles des hôtes. Seffaçant encore un peu plus dans le bois, le tenancier va chercher un autre bouteille et les habitués observent et écoutent cette foule de voyageurs échoués là :
les deux se rapprochent lun de lautre, comme des touristes ayant été aux mêmes endroits. Ils le font avec fièvre. Ils se reconnaissent une même fougue quils détestent tous deux et dont ils se débarrassent en trois mots deux hochements de tête.
Je comptais me rendre au bal de la Saint-Jean, dit le premier jeune homme, mamuser, danser et ce genre de choses. Et puis jai songé et me voilà rendu ici.
Jai quitté la fête comme ça, reprend le second jeune homme.
Les hasards dêtre là les étonnent et rien ne leur paraît sûr, sauf quils ne verront pas la fin de leur jeunesse. Dautres la vivront à leur place. Ce sont deux perdus qui sont dans lexact sentiment de navoir pas visé juste, la cible manquant à lappel. Voilà précisemment pourquoi le théâtre-proverbe prend soin de ne pas confondre personnages et jeunes voyageurs. Ne tétonne pas !, cest la force des personnages dêtre par définition des gens qui ont visé juste.
Et vois comment lhistoire avance sans bruit car, pourtant tout ce qui vient de se dire, mystère encore plus mystérieux, voilà que les rois ne seraient pas fatigués de parler encore, de reprendre à zéro de vieilles conversations. Leurs rêves prennent parfois la forme de jeunes voyageurs. Eux qui sont les gardiens de plaines fertiles se rêvent certains jours barbares impétueux ravageant leur propre domaine. Et puisquils se rêvent ainsi, pourquoi ne se changeraient-ils pas, eux les rois, en sans-atouts, en valets ? Alors ça parle, ça parle.
Un oui et un non général, dictions et contradictions, tout et rien, une clameur qui les fait se taper sur lépaule, personnages et voyageurs, comme de vieux amis. Cest le soir des grandes tornioles.
Mais pourtant lon ne saura rien de la solitude de lun, ni de la joie de lautre :
lun se sent pâlir dun coup, sa soixantaine le rend soudain fragile comme du verre. Cest idiot sans doute, mais cest ainsi, il sait bien quil faut sy habituer ;
lautre dit des conneries, il retrouve la joie innocente des cafés étudiants et ça lenthousiasme. Pourquoi tout est si sérieux, pense-t-il soudain ?
sa dame le regarde et se dit Comme il est beau !, jusquà quel point jai envie de le connaître sous toutes ses coutures ! Et elle-même pense soudain à sa pauvreté à elle, comment se fait-il quil maime, lui ? Elle se ressert du vin et songe à ses enfants, à tout ce quelle pourrait faire aussi ;
en voici un qui tressaille, un autre encore dit que tout est à refaire, et que seuls les gens de bonne volonté... La foule est là, mais tout ce quelle est est peu à peu absorbé par le bois du lieu, qui seul gardera mémoire de ces bouche-trous, de ces gens, comme déjà par le passé Jean Valletaille, Günter, Martin Roger, Pierrot, Loïc, Vincent, Thierry ou même Simon Tanner.
***
Ainsi tout passe et nous navons pas parlé damitié. Tout au plus du côtoiement. Cest déjà beaucoup. Le tenancier est fatigué. Il essuie les verres et regarde sa gueule dans le miroir mité. Derrière lui, rien, le cadre vide de la fenêtre.
Un voyageur sengage vers le lointain. Le chemin ondule sous ses pas.
La fenêtre :
cest là queussent dû être des amis et ils eussent dû se pencher avec la délicatesse des ----roses sur le chemin et poursuivre de leur regard le jeune homme qui sy éloigne.

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les TP sont good ó