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title: Élégie sensible
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date: 2026-08-21
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> Aux Amis de l’Attention (Friends of Attention).
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J’ai étudié ce calvaire. Il se tenait comme un arbre. Ses bras avaient aux extrémités deux boules, comme des pommes. Car le granit était vieux et moi j’avais faim.
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J’ai étudié les eaux qui ne se mélangent pas – méromictiques. J’y ai vu les reflets de mes deux âmes. L’une vivante, oxygénée et abondante ; l’autre gazeuse et ignorée, en attente de son avenir sourd et incertain. Seule la surface miroite à mes yeux.
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J’ai étudié des harmoniques. Je les tapai avec difficulté. Elles sonnaient joyeuses comme des cloches qu’on aurait mis en clavecin. Elles étaient si complexes pourtant elles s’exprimaient simplement. Je les enviais.
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Les divinités japonaises, elles, m’ont étudié ; elles ne m’ont rien dit. J’ai descendu la pente, un peu déçu. Gardaient-elles en secret leur connaissance ou leur étude de moi était-elle comme blanche dans leur vie ?
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J’ai sonné le mokugyo… Oh !, tant il me semble que je n’ai encore rien appris alors que je suis vieux !
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J’ai prêté mon attention à la pluie et aux oiseaux. L’une n’est plus inhumaine comme a pu l’écrire Sadegh Hedayat mais nous est bel et bien liée. Les autres nous maudissent plutôt, comme sa Chouette.
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J’ai marché. Je suis monté jusqu’à la fontaine. Ma soif grandissait alors que je buvais ces eaux rouge fer et que je contemplais les hommes rassemblés là sur les hauteurs. Je me mis avec bonne volonté de chercher à les connaître, je me suis mu à les approcher de près. J’ai écouté ces hommes et ces femmes mais je me trouvai vite réduit à leur seule folie. Nous étions comme à la fontaine des Lunatiques de Richaud, idiots soliloques, sottes écholalies, hasardeux psittacismes.
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Mon incompréhension était à son comble. Mais ce n’était pas la bonne incompréhension. Ça au moins je l’ai su ce midi-là.
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J’ai donc resonné le mokugyo. Et je le sonnerai encore, ponctuant mes découvertes et mes leçons comme des stances et des refrains d’une longue élégie. Il me semble que, serais-je granit et calvaire, je pourrais encore apprendre.
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Là eussent dû être des amis à cet endroit où j’écris, le Jardin du Luxembourg, passion surannée de Rémy de Gourmont. Venez Compagnons, j’ai faim et j’ai soif.
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« Braderie à Saint-Anne-la-Forêt, 2004 », une photo prise par Julie Trouvé de son petit ami d'alors, qui prend un peu la pose, déhanché, une main au creux des reins, une jambe en avant comme dans une fente de patinage artistique. Derrière un étal, avec une chemise à rayures et à pattes, ses cheveux envahissant le front et un jean sans style, se tient Janis, alors un garçon de dix ans. Il a des cheveux raides et mi longs. Le soleil lui fait plisser les yeux mais il est évident également qu'il regarde la fille, celle qui est au premier plan de la photo : elle a la jambe lancée en avantvpour désigner de la tennis un objet posé par terre devant elle, une manière d'en demander le prix. Tandis qu'elle fait cela, son bras droit reste le long de corps, son poing refermé sur une cigarette en-dessous d'un fin bracelet. Ses bras sont nus, son chemisier est serré à l'arrière par deux cordons qui pendent à l'air libre jusqu'au niveau des genoux. On ne voit pas son visage caché par ses cheveux qui tombent en avant -- Janis voit ce visage, lui. Et il est happé par la désinvolture de la jeune fille.
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« Braderie à Saint-Anne-la-Forêt, 2004 », une photo prise par Julie Trouvé de son petit ami d'alors, qui prend un peu la pose, déhanché, une main au creux des reins, une jambe en avant comme dans une fente de patinage artistique. Derrière un étal, avec une chemise à rayures et à pattes, ses cheveux envahissant le front et un jean sans style, se tient Janis, alors un garçon de dix ans. Il a des cheveux raides et mi longs. Le soleil lui fait plisser les yeux mais il est évident également qu'il regarde la fille, celle qui est au premier plan de la photo : elle a la jambe lancée en avant pour désigner de la tennis un objet posé par terre devant elle, une manière d'en demander le prix. Tandis qu'elle fait cela, son bras droit reste le long de corps, son poing refermé sur une cigarette en-dessous d'un fin bracelet. Ses bras sont nus, son chemisier est serré à l'arrière par deux cordons qui pendent à l'air libre jusqu'au niveau des genoux. On ne voit pas son visage caché par ses cheveux qui tombent en avant -- Janis voit ce visage, lui. Et il est happé par la désinvolture de la jeune fille.
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Janis m'indique que cette nana était Valérie, une copine de Julie dont il était amoureux. Il m'a montré la photo car il la garde encore avec lui dans sa chambre d'étudiant. Nous sommes à Blois, Janis étudie en licence de droit mais Janis reste attaché à son enfance à Sainte-Anne-la-Forêt près de Vendôme. C'est le Perche, la Beauce, la Gâtine tourangelle. Un village de 1 000 habitants qui touche Villerable et Crucheray, son bar-concert-alimentation, les Deux Pintes. L'une des pintes est en argent et l'autre en cuivre, on expliquait autrefois que les riches et les pauvres peuvent boire et manger aux Deux Pintes, mais pas les très pauvres. L'idée de richesse a disparu mais pas l'estime de soi et l'attachement au sol.
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Il y a tout de même aujourd'hui quelques fermes proprettes. Et même des *lieux* où viennent des néo-ruraux de toutes parts, français et étrangers, italiens et espagnols notamment, puis iraniens et kosovars. Quand Janis y est né, en 1994, Sainte-Anne-la-Forêt n’était déjà plus un décor historique, sauf la place du village sur laquelle s’épanouissait un magnifique prunier. Magnifique tilleul qu'on vu grandir Louis-Marie d'Aunis et sa femme Mercedes lorsqu'il sont arrivés, eux, en 1965. Ils se sont mariés à la petite mairie, il n'y avait pas foule car ils étaient des étrangers, alors. Les parents de Janis, Nathalie et Pierre Trouvé, tous deux natifs de Sainte-Anne ont hérité de la maison, l'ancienne poste.
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Il y a tout de même aujourd'hui quelques fermes proprettes. Et même des *lieux* où viennent des néo-ruraux de toutes parts, français et étrangers, italiens et espagnols notamment, puis iraniens et kosovars. Quand Janis y est né, en 1994, Sainte-Anne-la-Forêt n’était déjà plus un décor historique, sauf la place du village sur laquelle s’épanouissait un magnifique tilleul. Magnifique tilleul qu'ont vu grandir Louis-Marie d'Aunis et sa femme Mercedes lorsqu'il sont arrivés, eux, en 1965. Ils se sont mariés à la petite mairie, il n'y avait pas foule car ils étaient des étrangers, alors. Les parents de Janis, Nathalie et Pierre Trouvé, tous deux natifs de Sainte-Anne ont hérité de la maison, l'ancienne poste.
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Je suis passé à Saint-Anne pour mon enquête et j'ai bien sûr vu les lieux et cette belle maison des Postes, à colombages. Je devine combien Janis y a pu trouver un endroit heureux pour sa jeunesse. Il me la raconte, et l'histoire de ses parents, et de ses grands-parents. Je ne reprends pas ces propos ici bien évidemment : vous connaissez mieux que personne, madame Mercedes, ces temps et ces lieux.
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Janis s’est décidé tôt cependant à mener une vie citadine et internationale. Il compte plus tard mettre ses études juridiques au service de causes autochtones. Il a appris sérieusement l'espagnol, il envisage Séville ou l'Amérique latine. L'*Histoire des deux Indes* et toutes ses polémiques, par exemple, l'a beaucoup marqué. Il s'est donc intéressé aux royautés de Charles III et Ferdinand II. Janis collectionne aussi les lectures sur la Guerre civile. Il sait qu'une vague grande tante était espagnole et adolescente en 1936, mais on ne lui a pas dit beaucoup plus. (*J'étais le missionnaire de cette « vague grande tante », sa propre grand-mère !* )
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Janis s’est décidé tôt cependant à mener une vie citadine et internationale. Il compte plus tard mettre ses études juridiques au service de causes autochtones. Il a appris sérieusement l'espagnol, il envisage Séville ou l'Amérique latine. L'*Histoire des deux Indes* et toutes ses polémiques, par exemple, l'a beaucoup marqué. Il s'est donc intéressé aux royautés de Charles III et Ferdinand II. Janis collectionne aussi les lectures sur la Guerre civile. Il sait qu'une vague grande tante était espagnole et adolescente en 1936, mais on ne lui a pas dit beaucoup plus. (*Dire que je suis le missionnaire de cette « vague grande tante », sa propre grand-mère !* )
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Janis n'a pas d'amoureuse, me dit-il. « Je suis du genre transi. », comme dans « transi d'amour » précise-t-il, c'est qu'il n'est du tout entreprenant sur cet aspect. Il dit qu'il a le temps, ce n'est pas une obsession chez lui. Son but est d'abord de redonner à des communautés ce qu'il a reçu au village en termes de vie sociale et à l'université en termes de savoir.
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@@ -57,13 +57,13 @@ Elle hésite, se lève, se rassoit. Je l'encourage doucement à parler.
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Solange Perrin est documentaliste en collège mais je devine qu'elle aurait rêvé d'autre chose. Son mari travaille sur le port, et parfois aussi il embarque à la pêche. Solange Noël s'inquiète du jour où physiquement il ne pourra plus suivre. Leur normalité ressemble tout de même à une acceptation du juste-possible.
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L'ainé des fils, Guillaume, a vingt ans. Il est étudiant en Staps à Rennes. Il revient tous les weekends :! machine à linge, courses, fête rituelle du samedi soir, grasse matinée, repas dominical et retour en covoiturage. Depuis qu'il est à Rennes, Solange Perrin et son mari partent moins en balade ou voir des amis la fin de semaine, pour accueillir ce fils.
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L'ainé des fils, Guillaume, a vingt ans. Il est étudiant en Staps à Rennes. Il revient tous les weekends : machine à linge, courses, fête rituelle du samedi soir, grasse matinée, repas dominical et retour en covoiturage. Depuis qu'il est à Rennes, Solange Perrin et son mari partent moins en balade ou voir des amis la fin de semaine, pour accueillir ce fils.
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Julien, 17 ans, rêve de partir lui aussi de la maison. Non que ça s'y passe mal mais c'est normal, c'est l'âge, le moment où l'attirance d'une vie autonome et libre devient très forte car on s'en croit capable. Reste le problème, le passage obligé du baccalauréat : impossible de brusquer les choses, il faut prendre patience, subir la peine, prouver à tous qu'on est comme les autres, qu'on a nous aussi réussi, qu'on a *passé la ligne*. L'année prochaine, Julien compte s'inscrire en IUT. Il passe son temps sur son ordinateur, la famille Perrin a un beau site Internet auto-hébergé, des adresses méls en *famillenoël.fr* et un réseau social privé *Diaspora (ce dernier servant surtout à Julien pour communiquer avec sa copine du moment, Rosa).
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Roman le benjamin a treize ans. Il est en quatrième au collège Charcot. Passionné de métal (la musique, pas la matière), il s'escrime chaque soir (et le matin s'il le peut) sur sa guitare noire à reproduire tous les succès mais aussi les titres plus confidentiels de Métallica, Voïvod, Napalm Death, Venom ou Morkelviz. Pas d'avenir pour lui sinon en faire sa vie. L'école, il aime en ce qu'elle lui apporte méthode et rigueur : Ronan se prétend rationnel et à déjà planifié son apprentissage technique. Cela fait longtemps que le rock'n'roll est affaire d'intellos, m'expliquera-t-il, et que les mauvais garçons le délaissent.
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Roman le benjamin a treize ans. Il est en quatrième au collège Charcot. Passionné de métal (la musique, pas la matière), il s'escrime chaque soir (et le matin s'il le peut) sur sa guitare noire à reproduire tous les succès mais aussi les titres plus confidentiels de Métallica, Voïvod, Napalm Death, Venom ou Morkelviz. Pas d'avenir pour lui sinon en faire sa vie. L'école, il aime en ce qu'elle lui apporte méthode et rigueur : Ronan se prétend rationnel et il a déjà planifié son apprentissage technique. Cela fait longtemps que le rock'n'roll est affaire d'intellos, m'expliquera-t-il, et que les mauvais garçons le délaissent.
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Les deux garçons sont sortis ce début d'après-midi, l'un à son entraînement de handball, l'autre au Fablab. Ils vont rentrer tout à l'heure et je pourrai leur parler un moment. Solange Perrin s'excuse, elle doit aider quelques minutes sa voisine. Je me lève et fais le tour du salon. Les porte-fenêtres donnent sur l'arrière mais la vue, passée quelques arbustes, butte sur une haute haie de sapin. La cheminée est propre, elle a été nettoyée pour le prochain hiver. Les photos clament les étapes franchies par la famille comme autant de succès et elles s'attachent à montrer les sourires. Juste à côté de l'un des cadres, posé sur un guéridon, un portrait de Mercedes Perón Fernandez. Image Polaroïd à la tonalité jaune, image qui saisit le portrait et l'expression calme et distante, légèrement souriante, de la maman, de l'épouse – pas forcément de la femme. Ce guéridon détonne je m'en rends compte parmi les meubles plutôt de style moderne. Celui-ci est une pièce d'antiquaire. Une trouvaille ou une pièce de famille ?
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@@ -35,7 +35,7 @@ Il est bientôt 8:09 et Rennes, sa forêt, ses Horizons, son Colombier et son Al
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8:12 à Saint-Malo, Roman dort, Julien passe en vélomoteur en haut du virage de la Briantais pour aller en classe. Il domine l'estuaire de la Rance. Un ferry s'éloigne dans la baie.
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Ainsi vivent leur matin, sous un empan de soleil d'une heure et vingt-huit minutes, vos petits-enfants, madame Perón-Fernandez.
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Ainsi vivent leur matin, sous un empan de soleil d'une heure et vingt-huit minutes, vos petits-enfants, madame Perón Fernandez.
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Quand il est presque midi à Paris, Mentor se lève rue Dante, Trieste. Julie Besnard a déjà réalisé une dizaine de clichés "Curie", des radiographies du poignet, du genou, des poumons, du bras ou du bassin, ainsi que l'échographie du ventre d'une vieille femme, à l'heure où un accident sur la rocade sud faisait trois blessés et occasionnait d'importants bouchons durant plusieurs heures. À 11 h 45, elle est passée par la salle de pause du cabinet et s'est versé une tasse de café, tirée d'une bouteille isotherme.
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@@ -68,4 +68,4 @@ Ruth mange tôt pour être à l'heure au conseil municipal. Elle va descendre la
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De retour vers Pise, Alessandro pense qu'il ira dans un de ses lieux, une *trattoria* qui sert l'*osso buco* avec son magnifique parmesan. Il ira seul avec un copain. Ils joueront deux ou trois coups de poker. Son cousin Mentor Mattei avale son premier *white russian* de la nuit en topant-là avec un fournisseur de spectacle monténégrin.
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La journée de ce 13 novembre sera passée : ainsi est-ce comme cela que vos petits-enfants vivent, madame Pérón Fernandez.
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La journée de ce 13 novembre sera passée : ainsi est-ce comme cela que vos petits-enfants vivent, madame Perón Fernandez.
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@@ -136,7 +136,7 @@ Je n'étais vraiment pas à l'aise sous le regard de cette ancêtre impressionna
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-- Madame Fernandez, vous semblez considérer tout ceci à la fois comme une affaire de la plus haute importance et tout faire pour rendre l'échec probable !
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-- Appelez-moi Perón-Fernandez, j'y tiens. Voyez-vous, j'essaie de me couler dans l'époque, Ludovic.
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-- Appelez-moi Perón Fernandez, j'y tiens. Voyez-vous, j'essaie de me couler dans l'époque, Ludovic.
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-- Et pourquoi serait-elle décevante notre époque ?
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@@ -165,7 +165,7 @@ Je m'accrochai, je voulais ce job. Je gardai l'enveloppe dans ma main. Elle cont
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Le lendemain, je pris donc le tortillard en direction de Bilbao. À partir de Guernica, je traversais les montagnes entre les deux vallées. Le train s'arrêtait régulièrement dans les villages et je pus ainsi composer dans mon esprit une photographie du pays. Industrieux, minier, beaucoup de sites en ruines ou à l'abandon. Le train semblait passer par l'arrière des villes, par des voies souterraines ou encaissées, surplombées par des dizaines d'immeubles. Ca et là, de grands potagers étaient entretenus par des vieux. Tout le haut de la montagne était en forêt. En descendant, le long des torrents affluents du Douro, les usines avaient le type manufacturier. De nombreuses voies ferrées témoignaient de l'importance des flux qui ont structuré plus d'un siècle du pays -- hormis quelques villages de la côte, tournés vers la pêche à la baleine, comme Bermeo. Le Douro peu à peu se montrait, il charriait lui aussi une eau de travail, boueuse, chargée. Non rien décidément n'appelait ici au loisir. La route, le fleuve et la voie ferrée joignaient désormais leurs courses vers la grande ville de l'estuaire, Bilbao, traversant d'abord d'immenses cités industrielles et d'immeubles pour finir au pied des vieux quartiers. Il pleuvait.
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Le lendemain, je pris donc le tortillard en direction de Bilbao. À partir de Guernica, je traversais les montagnes entre les deux vallées. Le train s'arrêtait régulièrement dans les villages et je pus ainsi composer dans mon esprit une photographie du pays. Industrieux, minier, beaucoup de sites en ruines ou à l'abandon. Le train semblait passer par l'arrière des villes, par des voies souterraines ou encaissées, surplombées par des dizaines d'immeubles. Ça et là, de grands potagers étaient entretenus par des vieux. Tout le haut de la montagne était en forêt. En descendant, le long des torrents affluents du Douro, les usines avaient le type manufacturier. De nombreuses voies ferrées témoignaient de l'importance des flux qui ont structuré plus d'un siècle du pays -- hormis quelques villages de la côte, tournés vers la pêche à la baleine, comme Bermeo. Le Douro peu à peu se montrait, il charriait lui aussi une eau de travail, boueuse, chargée. Non rien décidément n'appelait ici au loisir. La route, le fleuve et la voie ferrée joignaient désormais leurs courses vers la grande ville de l'estuaire, Bilbao, traversant d'abord d'immenses cités industrielles et d'immeubles pour finir au pied des vieux quartiers. Il pleuvait.
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J'arrivai en milieu de matinée au musée. Son architecture est vraiment impressionnante, sa réputation n'est en rien surfaite, on ne peut pas être déçu.
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@@ -180,6 +180,7 @@ Dans de vastes salles rectangulaires et très blanches de murs, les tableaux ét
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J'avais acheté un livre dans le lequel je m'étais assuré que j'y retrouverai les quelques œuvres ou manières artistiques que je voulais observer.
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### Le rapport de l'individu à l'époque
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Cette histoire de motifs et de répétition, déjà. La couronne par exemple, simple icône samplée d'un tableau à l'autre, posée dans des contextes différents : elle permettait une sorte de lecture transversale tout à fait étonnante, un peu comme si des textes étrangers étaient reliés les autres par le hasard d'un *tag*. L'avion, le ruban bleu, la flèche et le serpent pouvaient eux aussi, en tant que motifs récurrents, motiver des lectures dans l'épaisseur de l'œuvre. Une sorte de typographie, des *smileys* avant l'heure.
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@@ -240,7 +241,7 @@ Dans ces signes et dans cette sorte de *situationisme*, les citations et les nom
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Et puis, ces portraits ou autoportraits omniprésents. Souvent avec des dents comme des cadavres, les traits tirés au crayons, les yeux remplis de couleur ou une simple bille noire entre deux traits gras. On y voit souvent à travers la peau dans ces corps : poumons, instestins et coeur sont très souvent mentionnés, documentés, coloriés au-dessus de sexes en noir et blanc. A force de dessiner les articulations, les os, chaque côte, on a devant soi des mutants, des quasi robots aux bottes à antennes, des cheveux à clous ou à mains mécaniques. De très nombreux détails anatomiques, avec un dessin rappelant plus le dessin technique de pièce usinée que l'observation zoologique. L'homme est évidemment montré comme il n'est pas, où comme il est dans une autre réalité, comme il est selon une autre perspective -- supérieure, mystique ou sans importance (*Nothing to be gained here*).
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Et puis, ces portraits ou autoportraits omniprésents. Souvent avec des dents comme des cadavres, les traits tirés au crayons, les yeux remplis de couleur ou une simple bille noire entre deux traits gras. On y voit souvent à travers la peau dans ces corps : poumons, intestins et cœur sont très souvent mentionnés, documentés, coloriés au-dessus de sexes en noir et blanc. À force de dessiner les articulations, les os, chaque côte, on a devant soi des mutants, des quasi robots aux bottes à antennes, des cheveux à clous ou à mains mécaniques. De très nombreux détails anatomiques, avec un dessin rappelant plus le dessin technique de pièce usinée que l'observation zoologique. L'homme est évidemment montré comme il n'est pas, où comme il est dans une autre réalité, comme il est selon une autre perspective -- supérieure, mystique ou sans importance (*Nothing to be gained here*).
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Une peinture de squelette en somme, extraordinairement vivante. Vivante par tout cela, par une accumulation, une juxtaposition, une simultanéité des faits, des symboles et de la chair. Je conçois, alors que je subis mécaniquement les procédures à l'aéroport de Bordeaux pour récupérer bagages, billets de train, taxis, etc., que madame Perón Fernandez a bien pu, effectivement, ne pas être si désarçonnée par la peinture de Basquiat : tout au long du vingtième siècle ces idées ont été brassées, répétées, tentées. Et l'histoire a, de son côté, multiplié les absurdités, les conflits, les répétitions et les énormes tâches à l'honneur humain : l'histoire est le support d'accroche par excellence, quoi de moins surprenante comme idée chez une centenaire. Une centenaire qui m'apparaît tout sauf *rangée*.
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@@ -251,26 +252,26 @@ Une histoire culturelle telle qu'a pu l'écrire par exemple Annie Ernaux dans *L
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## En Espagne
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À partir du livre *Guerre con amore*, je reconstitue le parcours de deux jeunes femmes, Mercedes et Charlotte, l'une allant adopter l'autre. Ce petit livre n'est pas signé mais édité par « Luigi Ponti, imprimeur ».
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À partir du livre *Guerre con amore*, je reconstitue le parcours de deux jeunes femmes, Mercedes et Charlotte, l'une allant adopter l'autre. Ce petit livre n'est pas signé mais édité par « Luigi Ponti, imprimeur » (sûrement plutôt son fils Sócrates qui rend ainsi hommage au père).
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Charlotte est une fille du siècle, c'est-à-dire née dans un quelque part qui allait littéralement exploser. Une gamine dans des années de guerre qui allait tuer ses parents et la projeter sur les routes et dans les jupes d'une nouvelle mère : Mercedes.
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Le lieu est l'Espagne et l'année est 1936, juillet : à Santiago en Galice, les casernes bougent et se déclarent du côté des putchistes nationalistes du Sud, refusant le *Frente Popular* (le front populaire espagnol). Le père de Charlotte, aspirant officier, est compté parmi les sympathisants républicains. Il envoie sa famille sur la route -- sa femme, sa fille et la bonne, Pilar --, vers les montagnes, chez sa propre mère. Lui, attend de voir, il croit que les troubles ne vont durer que trois mois, sans combat. Il se trompe et disparaît dans les évènements -- ou dans une fosse, on ne sait pas.
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Sur la route du refuge, la mère naturelle disparait aussi, troublement, comme dans un roman. Passés les contreforts, la toute jeune celtibère se retrouve seule échouée à Chantada, sur la rive ouest de la Miño. C'est la fin de l'été, Charlotte a six ans, l'hiver approche. Le pays est figé, il n'y a pas beaucoup de mouvements de réfugiés -- parce qu'ils seraient suspects. Pilar sa bonne tarde à revenir là où elle a laissé Charlotte et lui a dit : "Ne bouge pas ! Attends-moi..." La jeune bonne cherche un abri dans un environnement hostile et peureux. Elle a récolté à manger mais n'a trouvé ni lit ni moyen de transport. Elle hésite à prendre le car. Elle n'est pas tranquille, son accent portugais n'arrangera rien en cas de problème. Elle se persuade vite, en descendant du village vers le pont, qu'il vaut mieux pour elle-même qu'elle rejoigne son Portugal natal. Mais il y a la petite et la Sierra de Ancares est encore très lointaine et difficilement accessible sans voiture, ou sans âne accompagné d'un gars de la région.
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Sur la route du refuge, la mère naturelle disparait aussi, troublement, comme dans un roman. Passés les contreforts, la toute jeune celtibère se retrouve seule échouée à Chantada, sur la rive ouest de la Miño. C'est la fin de l'été, Charlotte a six ans, l'hiver approche. Le pays est figé, il n'y a pas beaucoup de mouvements de réfugiés -- parce qu'ils seraient suspects. Pilar sa bonne tarde à revenir là où elle a laissé Charlotte et lui a dit : « Ne bouge pas ! Attends-moi... » La jeune bonne cherche un abri dans un environnement hostile et peureux. Elle a récolté à manger mais n'a trouvé ni lit ni moyen de transport. Elle hésite à prendre le car. Elle n'est pas tranquille, son accent portugais n'arrangera rien en cas de problème. Elle se persuade vite, en descendant du village vers le pont, qu'il vaut mieux pour elle-même qu'elle rejoigne son Portugal natal. Mais il y a la petite et la Sierra de Ancares est encore très lointaine, difficilement accessible sans voiture ou sans âne.
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À gauche et à droite, la Miño s'engage dans des méandres serrés. Tous les coteaux sont plantés de vignes, sur des terrasses terrassées de pierres sèches. Les feuilles encore vertes mais le jaune prépare, on le voit, la grande offensive, magnifique, d'automne. La rivière est du gris calme d'une fin de journée de septembre : déjà dans l'ombre, elle se couche et on la voit à peine couler. Sauf au niveau du pont ou, en amont, des roches affleurent et créent des remous et, à la pointe des piles, des branches s'accrochent.
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À gauche et à droite, la Miño s'engage dans des méandres serrés. Tous les coteaux sont plantés de vignes, sur des terrasses de pierres sèches. Les feuilles sont encore vertes mais le jaune prépare, on le voit, la grande offensive, magnifique, de l'automne. La rivière est du gris calme d'une fin de journée de septembre : déjà dans l'ombre, elle se couche et on la voit à peine couler. Sauf au niveau du pont ou, en amont, des roches affleurent et créent des remous et, à la pointe des piles, des branches s'accrochent.
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Pilar est restée et elle a finalement convaincu l'hôtelier de Chantada de les héberger, elle et Charlotte. Une semaine, puis deux. Est alors arrivée du pays basque toute une smala princière.
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« C'était impressionnant, comme un cirque ancien qui se serait rabattu dans une tournée des petites villes après avoir fait tourner les têtes et s'exclamer aux éclats les capitales européennes. Habillés de smokings serrés, les hommes cachaient mal leur atavisme du port de l'épée au côté. Les femmes se tenaient droites et souffraient que leur prestance et leur élégance aient à se cacher dans ces strictes tailleurs gris. Trois voitures composaient l'équipage, dont l'une, la plus longue, était réservée aux malles, aux valises et aux boites à chapeaux. Il y avait deux couples, dix personnes en tout. Celui qui commandait et à qui tout le monde faisait révérence, un certain Josefo. La plus jeune des personnes était sa nièce, Mercedes, âgée de 17 ans. De taille moyenne mais bien charpentée, elle avait le regard ferme, voire insolent, des gens nobles à qui le monde est dû. »
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« C'était impressionnant, comme un cirque ancien qui se serait rabattu dans une tournée des petites villes après avoir fait tourner les têtes et s'exclamer aux éclats les capitales européennes. Habillés de smokings serrés, les hommes cachaient mal leur atavisme du port de l'épée au côté. Les femmes se tenaient droites et souffraient que leur prestance et leur élégance aient à se cacher dans ces stricts tailleurs gris. Trois voitures composaient l'équipage, dont l'une, la plus longue, était réservée aux malles, aux valises et aux boites à chapeaux. Il y avait deux couples, dix personnes en tout. Celui qui commandait et à qui tout le monde faisait révérence, un certain Josefo. La plus jeune des personnes était sa nièce, Mercedes, âgée de 17 ans. De taille moyenne mais bien charpentée, elle avait le regard ferme, voire insolent, des gens nobles à qui le monde est dû. »
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Ces carlistes sont regardés de loin par les habitants de Chantada : la région est plutôt traditionaliste et catholique, mais ceux-là sortent quand même de palais ou d'opéras aux stucs abimés. Ils sont en route, dit-on, pour le Portugal ou, peut-être, pour La Corogne. Alors que Pilar cherche une solution pour partir elle aussi, pourquoi pas avec ces huluberlus, Mercedes, elle, s'attache à la petite Charlotte -- qui ne la quitte pas d'une semelle. Une relation toute spéciale s'établit entre elles, par dessus ou à cause justement des différences d'origines et de milieux sociaux. Pilar est habile, Mercedes insiste, la petite Charlotte est vive, délicieuse et orpheline : la caravane se remet en route, Pilar avec les deux domestiques et les boites à chapeaux, Charlotte sur les genoux de Mercedes Perón Fernandez.
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Dans une curieuse incise, il est mentionné la finalité du voyage : Josefo Fernandez ira finalement jusqu'à La Corogne où il permettra que la famille éclate enfin. Les domestiques sont congédiés. Pilar embarque pour Porto. Les autres frères et sœurs embarquent pour Lisbonne, destination l'Amérique. Josefo achète très cher le passage sur un avion allemand à destination de Rome. Il va conclure, puis superviser, l'achat d'armes et de munitions italiennes à destination des phalanges espagnoles. Il les rapatriera, fier, par la Sicile puis les Baléares. Où il les laissera aller car il mourra d'un coup au cœur porté par un malfrat qui en voulait, à la sortie arrière de l'hôtel, à son portefeuille bien garni. Les armes transiteront ensuite par Malaga, puis Cordoue -- elles suivront les troupes jusqu'à la bataille de l'Ebre où elles finiront dans les mains des Républicains, la plupart abandonnées finalement à cause de nombreuses malfaçons. Et, dans l'avion, Mercedes Perón Fernandez qui a refusé tout net de quitter l'Europe, a renié tout héritage et a lassé son oncle à force d'arguments modernes comme l'homme -- la femme, en l'occurence -- maitre de son destin et participant au renouveau de l'humanité (l'homme, la femme nouvelle) à la force de son caractère. Un discours anti-héritage, féministe et... suffisamment lassant et ennuyeux pour que Josefo accepte *in fine* pour ne plus subir cette logorrhée à laquelle lui, royaliste de la vieille branche, ne croit évidemment pas. Mais il s'est aussi laissé convaincre que, en temps de guerre, il faut laisser les cartes se rebattre : rhétorique toute fasciste de la régénérescence d'un monde pourrissant, portée par une poignée de rebelles en Europe qui commencent à se faire des noms, à la suite de Mussolini chez les sbires de qui il va acheter ses fusils.
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Dans une curieuse incise, il est mentionné dans *Guerre con amore* la finalité du voyage : Josefo Fernandez ira finalement jusqu'à La Corogne où il permettra que la famille éclate enfin. Les domestiques sont congédiés. Pilar embarque pour Porto. Les autres frères et sœurs embarquent pour Lisbonne, destination l'Amérique. Josefo achète très cher le passage sur un avion allemand à destination de Rome. Il va conclure, puis superviser, l'achat d'armes et de munitions italiennes à destination des phalanges espagnoles. Il les rapatriera, fier, par la Sicile puis les Baléares. Où il les laissera aller car il mourra à la sortie arrière de l'hôtel, d'un coup au cœur porté par un malfrat qui en voulait à son portefeuille bien garni. Les armes transiteront ensuite par Malaga, puis Cordoue -- elles suivront les troupes jusqu'à la bataille de l'Ebre où elles finiront dans les mains des Républicains, la plupart abandonnées finalement à cause de nombreuses malfaçons. Et, dans l'avion, Mercedes Perón Fernandez qui a refusé tout net de quitter l'Europe, a renié tout héritage et a lassé son oncle à force d'arguments modernes comme l'homme -- la femme, en l'occurence -- maitre de son destin et participant au renouveau de l'humanité (l'homme, la femme nouvelle) à la force de son caractère. Un discours anti-héritage, féministe et... suffisamment lassant et ennuyeux pour que Josefo accepte *in fine* pour ne plus subir cette logorrhée à laquelle lui, royaliste de la vieille branche, ne croit évidemment pas. Mais il s'est aussi laissé convaincre que, en temps de guerre, il faut laisser les cartes se rebattre : rhétorique toute fasciste de la régénérescence d'un monde pourrissant, portée par une poignée de rebelles en Europe qui commencent à se faire des noms, à la suite de Mussolini chez les sbires de qui il va acheter ses fusils.
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« La suite, à Rome, est un enchantement pour Charlotte, comme une idylle pour les deux jeunes filles. Elles nouent une complicité facile, rendue aisée par des mois d'insouciance dans un Rome de spectacle. Un soir, Mercedes, un peu ivre, installe Charlotte sur la base d'une colonne d'un temple en ruine. Elle l'entoure de guirlandes de lierre et allume trois petits feux de sarments de vigne vierge, de glands et d'herbes folles.
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@@ -288,7 +289,7 @@ Elle se met à chanter ce qui lui passe par la tête, mélangeant des mélopées
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-- Oui ! Je veux bien, répond la petite qui se précipite par terre et pousse Mercedes à son tour sur la colonne. Elle cours partout autour en claquant des mains en criant :
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-- Et toi, grande sœur, grande sœur adorée, tu veux être ma petite maman ? Ma nouvelle maman ? Parce que ça fait longtemps que petite Charlotte n'a plus eu de famille !
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-- Et toi, grande sœur, grande sœur adorée, tu veux être ma petite maman ? Ma nouvelle maman ? Parce que ça fait longtemps que petite Charlotte n'a plus eu de famille !
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-- Oui !
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@@ -298,10 +299,10 @@ Elles s'embrassent et roulent ensemble dans l'herbe. Elles rient longtemps avant
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## En Italie
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La seconde partie de *Guerre con amore* se conclut donc sur cette scène quasi pagane au milieu de la nuit romaine et d'un temple des anciens dieux. La troisième et dernière partie du récit, plus sèche et courte, a un air d'épilogue triste. Elle décrit la fin des mois d'insouciance quand Mercedes, voyant l'argent laissé par Josefo -- qu'elle n'a jamais revu -- s'épuiser, loue une chambre sous comble et cherche un travail. Qu'elle trouvera d'abord dans un théatre à distribuer dans la rue les tracts et les programmes de la semaine -- "Films et pièces ! Demandez l'impossible, demandez le rêve, venez à l'Appolon !" Puis dans le bureau et sur le sofa d'un directeur de revue poétique. Chargée de relecture et de contrôle des épreuves, elle aura bientôt assez de confiance et de liberté laissé par son bref amant alcoolique pour diriger cinq semaines de suite les numéros hebdomadaires.
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La seconde partie de *Guerre con amore* se conclut donc sur cette scène quasi pagane au milieu de la nuit romaine et d'un temple des anciens dieux. La troisième et dernière partie du récit, plus sèche et courte, a un air d'épilogue triste. Elle décrit la fin des mois d'insouciance quand Mercedes, voyant l'argent laissé par Josefo -- qu'elle n'a jamais revu -- s'épuiser, loue une chambre sous comble et cherche un travail. Qu'elle trouvera d'abord dans un théatre à distribuer dans la rue les tracts et les programmes de la semaine -- « Films et pièces ! Demandez l'impossible, demandez le rêve, venez à l'Appolo ! » Puis dans le bureau et sur le sofa d'un directeur de revue poétique. Chargée de relecture et de contrôle des épreuves, elle aura bientôt assez de confiance et de liberté laissé par son bref amant alcoolique pour diriger cinq semaines de suite les numéros hebdomadaires.
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L'imprimeur, Matteo Princi, la recommande alors à un certain Luigi Ponti, illustrateur et chargé des brèves à la *Riflessione*, hebdomadaire contestataire mais prudent, sous-titré *specchio del tempo*, le "miroir du temps", la typo laissant l'ambiguité sur "tempo" ou "Tempo" le grand quotidien, miroir du temps présent ou miroir du Temps. Il y a chez Luigi une franchise évidente, un caractère compact et simple qui trouble Mercedes. Elle rejoint la rédaction de *Riflessione*, nous sommes en janvier 1938. Son premier article à relire est une brève rédigée par Luigi -- évidemment -- sur le premier vol d'un bombardier japonais entièrement en métal. La suivante est sur la création, en France, de la Société nationale des chemins de fer. Aucune trace des décisions de la Gestapo d'interner les opposants politiques en camps.
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L'imprimeur, Matteo Princi, la recommande alors à un certain Luigi Ponti, illustrateur et chargé des brèves à la *Riflessione*, hebdomadaire contestataire mais prudent, sous-titré *specchio del tempo*, le « miroir du temps », la typo laissant l'ambiguité sur *tempo* ou *Tempo* le grand quotidien, miroir du temps présent ou miroir du *Temps*. Il y a chez Luigi une franchise évidente, un caractère compact et simple qui trouble Mercedes. Elle rejoint la rédaction de *Riflessione*, nous sommes en janvier 1938. Son premier article à relire est une brève rédigée par Luigi -- évidemment -- sur le premier vol d'un bombardier japonais entièrement en métal. La suivante est sur la création, en France, de la Société nationale des chemins de fer. Aucune trace des décisions de la Gestapo d'interner les opposants politiques en camps.
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Mercedes fréquente Luigi Ponti, tout en restant à distance prudente. Elle se dit qu'elle a eu raison lorsqu'elle découvre qu'il travaille également, illégalement, la nuit, pour *Via rossa*, un journal apériodique de rue, communiste. La sûreté de son caractère était dû à la sûreté de son engagement et de ses convictions. Celles de Mercedes sont toujours ancrées dans un individualisme farouche, nourri de la nécessité de sauver le monde par la naissance de femmes nouvelles : coucheuses libres, décideuses rationnelles et emmerdeuses en vrac. Les deux s'observent de loin, se fréquentent en un *good game* où la provocation est toujours en jeu.
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@@ -312,7 +313,7 @@ Mercedes fréquente Luigi Ponti, tout en restant à distance prudente. Elle se d
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Ce jeu s'arrête quelques mois plus tard lorsque Luigi Ponti disparait volontairement. Ses amis le disent en vacances, Mercedes comprend qu'il est rentré dans la clandestinité, qu'elle n'est pas près de le revoir. Dommage, se dit-elle. Les années passent vite, après l'Afrique, les combats gagnent l'Europe continentale. C'est l'affaire de quelques mois tant tout va vite, en mai 1943 l'Afrique revient en Italie par la Sicile, suivie par les Américains, en septembre le pays est coupé en deux et en proie à des batailles acharnées.
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Mercedes Perón Fernandez a un entretien sérieux avec le rédacteur en chef de *Riflessione* : on lui a fait crédit d'un doute sur son positionnement politique, raison qu'elle fricotait avec Luigi Ponti et ses amis. Mais maintenant, il faut choisir : de quelle révolution est-elle ? La brune ou la rouge ? Et sa fille, quelle avenir elle souhaite pour elle ? En son for intérieur, la camarade Perón Fernandez les conchie tous mais comprend bien qu'elle se doit de ménager l'avenir. Elle prend simultanément deux décisions : rejoindre Luigi, un temp. Elle partira ensuite.
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Mercedes Perón Fernandez a un entretien sérieux avec le rédacteur en chef de *Riflessione* : on lui a fait crédit d'un doute sur son positionnement politique, raison qu'elle fricotait avec Luigi Ponti et ses amis. Mais maintenant, il faut choisir : de quelle révolution est-elle ? La brune ou la rouge ? Et sa fille, quelle avenir elle souhaite pour elle ? En son for intérieur, la camarade Perón Fernandez les conchie tous mais comprend bien qu'elle se doit de ménager l'avenir. Elle prend sa décision : rejoindre Luigi, un temps.
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Pendant ce temps, Charlotte a elle aussi grandi (elle a 13 ans) et elle regrette les premières années à Rome. Elle est d'accord avec sa mère d'adoption pour bouger d'ici, "décarrer", dit-elle -- on ignore où elle a acquis ce vocabulaire argotique.
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@@ -64,7 +64,7 @@ Elle sourit. Elle tousse encore, essaie d'aller vers la fenêtre. Je dois tourne
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Mais ses mains tremblent, ses yeux roulent, elle déglutit plusieurs fois : la chute l'a secouée. Je lui prends la main et lui demande si elle veut s'arrêter, comment elle se sent, là.
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-- ça roule... ça roule ! J'en ai vu d'autres. Mais, une fois qu'on dit ça, hein ? Un jour, ça change... Bon.
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-- Ça roule... ça roule ! J'en ai vu d'autres. Mais, une fois qu'on dit ça, hein ? Un jour, ça change... Bon.
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Quelqu'un entre à ce moment dans la chambre. C'est un docteur, un infirmier ou un interne : madame Ponti, il faudrait vous reposer maintenant. Monsieur, si vous voulez bien, etc.
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@@ -24,10 +24,10 @@ Nous sommes dans l'arrière-pays de Nice, en 2000, sur le terrain des sports d'u
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Donc monsieur Michel Ponti, vous nous quittez aujourd'hui... Quand je dis nous, ce sont les gens rassemblés autour de vous aujourd'hui -- vos proches (je salue madame votre épouse qui nous fait le plaisir d'être présente), votre équipe, vos collègues bien sûr -- mais, et surtout !, aurais-je envie de dire : EDF, la grande famille EDF. Votre entreprise, notre entreprise, toute votre vie professionnelle jusqu'à présent -- et j'espère encore longtemps pour la majorité d'entre nous ! *(Rires.)* Mais pour vous, le départ vers une autre aventure professionnelle.
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Monsieur Ponti, il me revient donc en tant que directeur de la direction régionale Rhône-Alpes -- faudra-t-il dire dans dans quelques mois : Auvergne-Rhône-Alpes ? -- de retracer les grandes lignes de votre carrière chez nous. Quand je dis "grandes lignes", vous avez deviné ma transition habile : vous êtes un spécialiste des câbles ! *(Rires.)* En 1995, lorsque vous postulez à EDF -- je me rappelle qu'il fallait dument dire *é-dé-eff* à cette époque ! --, c'est en tant que jeune diplômé des Arts et Métiers. L'entreprise terminait à l'époque le déploiement de la tension 230 (volts monophasé pour les intimes) et elle vous a accueilli comme ingénieur, les bras bien ouverts et cela bien que votre formation ne fut pas aussi standardisée que la majorité des jeunes recrutés.
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Monsieur Ponti, il me revient donc en tant que directeur de la direction régionale Rhône-Alpes -- faudra-t-il dire dans dans quelques mois : Auvergne-Rhône-Alpes ? -- de retracer les grandes lignes de votre carrière chez nous. Quand je dis "grandes lignes", vous avez deviné ma transition habile : vous êtes un spécialiste des câbles ! *(Rires.)* En 1995, lorsque vous postulez à EDF -- je me rappelle qu'il fallait dument dire *é-dé-eff* à cette époque ! --, c'est en tant que jeune diplômé des Arts et Métiers. L'entreprise terminait à l'époque le déploiement de la tension 230 (volts monophasé pour les intimes) et elle vous a accueilli comme ingénieur, les bras ouverts et cela bien que votre formation ne fut pas aussi standardisée que la majorité des jeunes recrutés.
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Il faut souligner le fait que vous avez suivi les cours du CNAM par correspondance, tout en travaillant dans l'entreprise paternelle et en élevant déjà, avec votre épouse, votre premier enfant, né en 1988. L'entreprise de votre père était une imprimerie, situé dans l'arrière-pays niçois, je me suis laissé souffler à l'oreille que votre père avait gardé avec l'Italie beaucoup de liens affectifs. ÉDF a donc, cette année-là, accueilli en son sein un jeune homme de 26 ans, valeureux, travailleur et déjà responsable. Serions-nous capables de faire cela aujourd'hui ? Je l'espère ! *(Rires.)* Je veux souligner aussi le fait que vous êtes un des premiers à opter pour le contrat de travail de droit privé, et non le fonctionnariat, ouverture qui commence à être possible en ce milieu des années quatre-vingt-dix. Qui serait capable de faire cela aujourd'hui ? Ah oui, ce n'est plus possible... *(Rires)*.
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Il faut souligner le fait que vous avez suivi les cours du CNAM par correspondance, tout en travaillant dans l'entreprise paternelle et en élevant déjà, avec votre épouse, votre premier enfant, né en 1988. L'entreprise de votre père était une imprimerie, situé dans l'arrière-pays niçois, je me suis laissé souffler à l'oreille que votre père avait gardé avec l'Italie beaucoup de liens affectifs. ÉDF a donc, cette année-là, accueilli en son sein un jeune homme de 26 ans, valeureux, travailleur et déjà responsable. Serions-nous capables de faire cela aujourd'hui ? Je l'espère ! *(Rires.)* Je veux souligner aussi le fait que vous êtes un des premiers à opter pour le contrat de travail de droit privé, et non le fonctionnariat, ouverture qui commence à être possible en ce milieu des années quatre-vingt-dix. Qui serait capable de faire cela aujourd'hui ? Ah oui, ce n'est plus possible, il n'y a plus le choix... *(Rires)*.
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Après de rapides passages dans différentes agences et services de Nice, vous montez à Lyon, au centre technique principal. Deux ans plus tard à peine, on vous confie la responsabilité technique de la maintenance sur les trois départements Ardèche, Drôme, Isère : vous n'avez pas 29 ans. Monsieur Ponti, ceux qui parmi nous ce soir ne vous connaîtraient pas très bien -- ils sont rares bien sûr -- savent désormais une chose : vous faites tout très vite, très jeune ! Enfant, études, travail, responsabilité, vous semblez vouloir tout avoir d'un coup -- là où des personnes comme moi par exemple feront les choses les une après les autres. Ma femme me le reproche assez ! *(Rires.)* Notez cependant qu'ainsi, on devient directeur... *(Rumeurs.)*
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@@ -67,6 +67,8 @@ J'ai deux garçons, de vingt-sept et de vingt-deux ans. Ne riez pas, ils sont en
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Je n'avais par prévu de dire tout ça, de faire un discours. Vous me connaissez pour la plupart d'entre vous. Ceux qui veulent des actions dans l'affaire, n'hésitez pas ! Mais en attendant, je vous invite tous à prendre ensemble le verre de l'amitié : « Le travail n'est pas tout », m'a dit un journaliste ce matin. Je suis bien d'accord là-dessus ce soir !
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En rentrant à Paris, j'ai regardé attentivement les photos que Michel Ponti m'avait permis de reproduire.
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Celle de Sócrates Ponti son père le pose en travailleur dans la cour de son atelier. De par et d'autre, un amoncellement de ferraille et de cartons, de carcasses de machine et de pièces. Un vélo est garé là. Derrière, non loin de portes à galandage, des boites en bois, des pots d'encre et des piles de longues et larges caisses plates, étiquetées entre la paire de poignées. Grotesque 16, Garamond 12, Peignot 24, ce sont des casses de caractères. Sócrates Ponti, cet imprimeur en bleu de travail, ne devait pas être toujours commode : l'homme parmi ses fers et ses bois a les bras écartés du corps, les mains à demi ouvertes en forme de pinces, sa jambe droite est en avant pour réaliser un pas, décidé, tandis que la gauche se ramasse pour projeter le corps massif en avant. Le godillot s'arrache de la boue, entraînant d'ailleurs un bout ou un tuyau. Un déséquilibre qui donne la force du portrait, un homme que rien ne va arrêter -- en tout cas dans les minutes qui viennent, il mourra en 2000 d'une crise cardiaque. Sous le bleu, un pull camionneur chiné aux manches retroussées laissant nus les avant-bras et arrondissant encore plus les fortes épaules. Une ceinture de cuir sangle le bonhomme à la tâche, la boucle bien sur le ventre, décidée. Les deux fermetures éclair des poches sur le plastron, ouvertes, semblent donner deux yeux à cette force du corps.
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@@ -20,13 +20,13 @@ Leur enfance, ce dont ils me parlent en premier dure toute la décennie quatre-v
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>Hildegarde blues, Hildegarde blues !
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>Louis le Pieux n'est pas bon n'au lit, Louis le Pieux, Louis le Pieux
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>Ermengarde l'a mise en garde, il n'est pas bon n'au pieu, Louis le Pieux !
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*Hildegarde se magne pour Carol, Hildegarde blues, Hildegarde blues*
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>Hildegarde se magne pour Carol, Hildegarde blues, Hildegarde blues*
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>Pépin le Bref s'est mis martel en tête, Pépin le Bref (bis), etc.
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@@ -81,7 +81,7 @@ C'est à ce moment qu'on a décidé de compliquer les choses. Tu dis Yves-Marie
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Ruth Ponti et Yves-Marie vivent presqu'en voisins aujourd'hui. Ruth, qui tient à préciser son nom Ponti, habite Breil-sur-Roya ; Yves-Marie à Saorge, un peu au-dessus (*Ça lui va bien, toujours un peu plus haut que les autres*, raille sa sœur). Elle est élue, *dans l'opposition ça va de soi*, raille son frère. « Il y a eu une référendum dans le hameau de Libre en 1947 pour décider si il fallait être français ou italien : Ruth aurait voté contre la France, c'est sûr ! » Ruth Ponti acquiesce : « Nous sommes des Italiens, en fait. »
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Ruth Ponti et Yves-Marie vivent presqu'en voisins aujourd'hui. Ruth, qui tient à préciser son nom Ponti, habite Breil-sur-Roya ; Yves-Marie à Saorge, un peu au-dessus (*Ça lui va bien, toujours un peu plus haut que les autres*, raille sa sœur). Elle est élue, *dans l'opposition ça va de soi*, raille son frère. « Il y a eu un référendum dans le hameau de Libre en 1947 pour décider si il fallait être français ou italien : Ruth aurait voté contre la France, c'est sûr ! » Ruth Ponti acquiesce : « Nous sommes des Italiens, en fait. »
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Le mari de Ruth est éleveur, elle gère la commercialisation des fromages. Ils n'ont pas d'enfant mais sont famille d'accueil pour 3 places. Yves-Marie a son fils Marin avec lui et gère une asso culturelle : radio rock, fanzines graphiques, festivals de musique, l'un traditionnel, l'autre *revival quatre-vingts*. Il prend parfois avec lui Juliet, la fille de sa cousine Clara qui habite Toulon.
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@@ -31,12 +31,14 @@ Ses mains bougent enfin et nous nous prenons dans les bras, simplement. Une év
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Le reste de la journée et la nuit sont tendres et joyeuses. Nous avons joué tour à tour les seigneurs dans leur château vide, les Robinson de la vie moderne et le couple de rockers qui vit dans une suite d'hôtel. Nous avons fait l'amour, beaucoup, rit et envisagé les suites et les conséquences avec sérénité. Les conséquences ont été du bonheur, d'abord. Beaucoup. Un enfant, Marin né en 1998 -- juste avant la Finale ! Rien de dramatique là-dedans. La vie est encore longue et tous, dans cette histoire, nous aurons d'autres *quarts d'heure de gloire*. Ce serait quand même dommage qu'on garde rigueur à des gamins d'avoir fait des trucs bien !
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Et puis il ya eu un autre enfant, Juliet, née en 2002. Mais j'ai caché à Yves-Marie que Juliet était de lui. Et encore aujourd'hui, il ne sait pas le fin mot de l'histoire. En 2000, j'étais partie voir ailleurs, je voulais me détacher de lui. Ce n'était pas du désamour mais c'était impérieux. J'étais jeune alors et e ne concevais plus de vieillir avec lui. Il a été très malheureux, je m'en veux. Mais le moment était passé et je ne suis plus revenue. Avec des si… Maintenant, tout ça fait partie de ma vie, ce sont plus que des souvenirs. J'adore toujours la personne qu'est Yves-Marie et ce qu'il fait à Saorge, au-dessus. Jean-Marie est classe et gentil, je pense que ce sont vraiment les mots qui le définissent : il respecte ce que j'ai dit, Juliet n'est pas sa fille – mais il s'en occupe quant j'ai besoin. J'ai écrit une lettre, elle est en lieu sûr et s'il m'arrive quelque chose, une amie doit indiquer où. Cette lettre est écrite pour Juliet qui pourrait savoir ainsi qu'Yves-Marie est son vrai père mais que moi je ne j'ai pas voulu qu'il soit son père. Ma fille saura *ma volonté* au-delà de réalité physique que je n'ai pas pu contrôler.
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Et puis il ya eu un autre enfant, Juliet, née en 2002. Mais j'ai caché à Yves-Marie que Juliet était de lui. Et encore aujourd'hui, il ne sait pas le fin mot de l'histoire. En 2000, j'étais partie voir ailleurs, je voulais me détacher de lui. Ce n'était pas du désamour mais c'était impérieux. J'étais jeune alors et je ne concevais plus de vieillir avec lui. Il a été très malheureux, je m'en veux. Mais le moment était passé et je ne suis plus revenue. Avec des si… Maintenant, tout ça fait partie de ma vie, ce sont plus que des souvenirs. J'adore toujours la personne qu'est Yves-Marie et ce qu'il fait à Saorge, au-dessus. Jean-Marie est classe et gentil, je pense que ce sont vraiment les mots qui le définissent : il respecte ce que j'ai dit, Juliet n'est pas sa fille – mais il s'en occupe quant j'ai besoin. J'ai écrit une lettre, elle est en lieu sûr et s'il m'arrive quelque chose, une amie doit indiquer où. Cette lettre est écrite pour Juliet qui pourrait savoir ainsi qu'Yves-Marie est son vrai père mais que moi je ne j'ai pas voulu qu'il soit son père. Ma fille saura *ma volonté* au-delà de réalité physique que je n'ai pas pu contrôler.
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*Alors que je prends le ferry pour rejoindre Gênes, je revois Carla me tendant la main au moment du départ : légèrement en arrière, j'ai l'impression qu'elle doute soudainement de l'objectif de ma venue, de ma sincérité. Écrivez-moi, lui dis-je en lui tendant une carte de visite. D'accord, me répond-elle. De toute façon, Alessandro vous dira mieux que moi les histoires de famille. Elle me montre un SMS de son frère qui m'accueillera demain.*
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– Lui, c'est le feu, la lave, vous verrez. Moi, mon volcan est endormi en ce moment. Il faudrait que je le réveille.
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*En juillet, Carla m'envoie finalement cette lettre.*
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Ludovic,
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@@ -56,7 +58,7 @@ Juliet me demande chaque mois : alors, c'est quand qu'on part ? Je crois qu'elle
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-- Et tu crois qu'il pourrait m'aimer, moi, suffisamment pour qu'il reste longtemps ?
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-- Ah, oui, ça c'est vrai problème, tu as raison, je n'y avais pas pensé...
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-- Ah, oui, ça c'est un vrai problème, tu as raison, je n'y avais pas pensé...
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-- Écoute, je te promets de chercher encore, beaucoup !
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@@ -65,7 +67,7 @@ Juliet me demande chaque mois : alors, c'est quand qu'on part ? Je crois qu'elle
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-- D'accord.
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Et elle me regarde avec des yeux plein de confiance qui me tuent sur place.
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Et elle me regarde avec des yeux pleins de confiance qui me tuent sur place.
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Je vous remercie de votre visite qui m'a fait bien du bien. J'espère vous revoir bientôt,
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@@ -36,7 +36,7 @@ Sur cette autre, il y a ce marin dont la casquette, elle, n'est pas de la Marine
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Serait-ce Elias Mattei qui a pris ces photos ? Est-ce lui qui a demandé aux hommes de poser ainsi ? Il y a clairement un intrus, l'homme plus âgé que les autres : il n'a pas de casquette de marin mais un béret, façonné en pointe vers l'avant, d'énormes oreilles et une belle moustache blanche, une canne en bois clair -- du buis ? -- et des gros chaussons aux pieds : il ne doit pas habiter bien loin, sûrement dans l'une des rues donnant sur le port ou, s'il est de famille ancienne, une des rues parallèles au quai, abritée du vent. Les trois autres ont la casquette et des souliers. Celui que l'on voit à droite de la photo et du banc, à gauche de ses amis, semble celui encore le plus actif : une grosse montre est visible à son bras gauche, il porte chemise et cravate. On a tous l'impression de connaitre ces groupes d'amis et les conversations qui sont menées sur le banc. Et pourtant ? *This is another time and another place.* Derrière, au départ de la jetée, il y a une Fiat garée et un couple qui regarde le sable, se tenant prudemment à la rambarde. Je me plais à penser qu'Elias se serait ainsi mis en scène avec sa fiancée un jour de dimanche suffisamment ensoleillé pour cette pose collective.
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Un cliché retient également mon attention car plus ancien. On y voit un groupe de femmes et d'hommes et de jeunes garçons. Les habits sont manifestement d'après-guerre, le drapeau est celui de la Yougoslavie. Je le scanne. Et je rêve à ce même Elias, serait-ce lui quelque part sur cette nouvelle pose, mais où ?
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Un cliché retient également mon attention car plus ancien. On y voit un groupe de femmes et d'hommes et de jeunes garçons. Les habits sont manifestement d'après-guerre, le drapeau est celui de la Yougoslavie. Je le scanne avec mon téléphone portable. Et je rêve à ce même Elias, serait-ce lui quelque part sur cette nouvelle pose, mais où ?
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Mentor s'est levé, je m'étais assoupi, quelle honte. Il m'offre un café, s'installe et s'attend à ce que je démarre. Sa disponibilité me rappelle celle de son cousin, Alessandro. Le connaît-il ?
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Comme vous me l'avez proposé, je me permets de vous écrire cette lettre. Ce sera à la fois un complément au dossier que vous m'avez demandé de compléter et aussi peut-être une façon pour moi d'exprimer des sentiments divers. Mon mari Alain Besnard, auquel je ne veux rien cacher, m'y a encouragé.
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Je dois vous dire que cette semaine passée en votre "compagnie" m'a rendue mal à l'aise. Oh bien sûr, vous vous en êtes tenu à la méthode que vous m'aviez annoncée : deux entretiens en début de semaine, un dossier à remplir à ma convenance et votre présence, discrète, à quelque distance de moi pendant le reste de la semaine. Je dois dire que, je dois vous remercier, si cela peut avoir un sens, pour votre tact. Je n'ai rien à vous reprocher. Mais hier soir par exemple, pendant le repas, je vous voyais tout le temps à la table voisine. Je n'ai pas pu complètement oublié votre présence. Et surtout la raison de votre présence.
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Je dois vous dire que cette semaine passée en votre « compagnie » m'a rendue mal à l'aise. Oh bien sûr, vous vous en êtes tenu à la méthode que vous m'aviez annoncée : deux entretiens en début de semaine, un dossier à remplir à ma convenance et votre présence, discrète, à quelque distance de moi pendant le reste de la semaine. Je dois dire que, je dois vous remercier, si cela peut avoir un sens, pour votre tact. Je n'ai rien à vous reprocher. Mais hier soir par exemple, pendant le repas, je vous voyais tout le temps à la table voisine. Je n'ai pas pu complètement oublié votre présence. Et surtout la raison de votre présence.
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Surtout hier soir, alors que vous partez ce matin. Surtout hier soir, où je fêtais avec quelques collègues les un an de ma fille -- elle a marché hier. Arrivée, départ, famille, nouveau-né, avouez que tout cela a bien remué dans ma tête hier soir. Peut-être aussi le verre d'irancy -- moi qui n'a plus dû boire deux verres de suite depuis presque deux ans !
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@@ -27,7 +27,7 @@ Surtout hier soir, alors que vous partez ce matin. Surtout hier soir, où je fê
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Il y avait là mes collègues, que des filles, des copines et on suit comme ça nos vies, de naissance en rémission, de fiançailles en mutation. Certaines, sans se mettre sur leur quarante-et-un, se maquillent, se coiffent et portent un petit habit un peu chic. Et ça parle boulot, fatalement ! Je ne sais pas si vous avez entendu ? La grande affaire ce soir, c'était se demander comment allaient être négociées les permanences pour Noël. Et puis la prime de fin d'année, nos étrennes. Qui va passer un réveillon original... Je force un peu le trait car je voudrais essayer de donner des détails pour ne pas avoir à vous dire : vous voyez, quoi, comme des milliers d'autres gens. Des vies banales...
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Et vous, vous débarquez dans cette pauvre brasserie ! Vous qui voulez faire un documentaire sur une génération, vous qui voyagez et rencontrez tous les jours des gens passionnants... J'espère que vous avez bien apprécié tout ça : la marque plusieurs fois recollée sur le carrelage à deux mètres trente-sept de la cible électronique du jeu de fléchettes. La petite signature un peu ratée sur la proue de la barque, figure centrale du décor mural peint à la main, celui au fond à côté du bar, celui qui met en scène une plage à marée basse vue à travers les colonnes d'une villa romaine avec les grappes de raisin qui débordent de la pergola (je parie que c'est une ancienne pizzéria). Nous, nous voyons cela plusieurs fois par semaine, quand nous venons manger le midi, ainsi que les costumes rouge que le patron fait porter, on se demande bien pourquoi, à Lydie et à Manon, les serveuses de salle. Et dire que ce bar s'appelle L'Inimitable ! ("l'iniMickTable" si vous lisez bien l'enseigne).
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Et vous, vous débarquez dans cette pauvre brasserie ! Vous qui voulez faire un documentaire sur une génération, vous qui voyagez et rencontrez tous les jours des gens passionnants... J'espère que vous avez bien apprécié tout ça : la marque plusieurs fois recollée sur le carrelage à deux mètres trente-sept de la cible électronique du jeu de fléchettes. La petite signature un peu ratée sur la proue de la barque, figure centrale du décor mural peint à la main, celui au fond à côté du bar, celui qui met en scène une plage à marée basse vue à travers les colonnes d'une villa romaine avec les grappes de raisin qui débordent de la pergola (je parie que c'est une ancienne pizzéria). Nous, nous voyons cela plusieurs fois par semaine, quand nous venons manger le midi, ainsi que les costumes rouge que le patron fait porter, on se demande bien pourquoi, à Lydie et à Manon, les serveuses de salle. Et dire que ce bar s'appelle L'Inimitable ! (*L'iniMickTable* si vous lisez bien l'enseigne).
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Oui tout cela me touche et me chagrine. Et en même temps, quoi ?
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@@ -36,7 +36,7 @@ Oui tout cela me touche et me chagrine. Et en même temps, quoi ?
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Mercredi, vous m'avez suivie à la salle de gym, vous m'avez accompagné faire les courses. Je dois vous avouer d'ailleurs que j'ai pris certaines choses à cause de vous, je n'achète jamais par exemple de radis ou encore de pâtes fraiches. Mais parce que vous étiez là, je l'ai fait. Je n'ose même pas imaginer toutes les idées que vous vous êtes fait de nous en voyant notre caddie. J'en éprouve une certaine honte. Et en même temps, quoi, oui ?
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Vous ne pouviez pas bien sûr me suivre dans mon travail. Le lieu est protégé, je mets d'horribles sabots blancs et une charlotte sur mes cheveux. "Ce n'est pas grave, m'aviez-vous dit, le travail n'est pas tout." Vous êtes gentil là-dessus, parce que mon travail, hormis les collègues, c'est quand même beaucoup de merde et des corps.
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Vous ne pouviez pas bien sûr me suivre dans mon travail. Le lieu est protégé, je mets d'horribles sabots blancs et une charlotte sur mes cheveux. « Ce n'est pas grave, m'aviez-vous dit, le travail n'est pas tout. » Vous êtes gentil là-dessus, parce que mon travail, hormis les collègues, c'est quand même beaucoup de merde et des corps.
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Bien, je ne vais pas m'épancher plus. Je ne sais plus ce que j'avais vraiment à vous dire. J'ai le bourdon. Je comprends que rien n'est de votre faute mais il fallait que je vous le dise. Un peu curieux quand même de m'avoir choisie, maintenant je vais retourner auprès de mon enfant et de mon mari.
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*Paris, le 8 novembre 2015, à madame Mercedes Perón Fernandez. : J'ai donc, conformément à vos souhaits, enquêté sur vos petits-enfants, à savoir le fils de Charlotte votre fille adoptée, et les filles et fils de Sócrates, Giulia, Elias, Nathalie et Solange vos enfants...*
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Le site est créé grâce à Hugo, [https://gohugo.io/](https://gohugo.io/), à partir du thème Notrack [https://github.com/gevhaz/hugo-theme-notrack](https://github.com/gevhaz/hugo-theme-notrack). Cette page d'accueil obtient un score de 82 sur 100 à l'index d'empreinte environnementale [https://www.ecoindex.fr/](https://www.ecoindex.fr/) et se charge en moins d'une seconde.
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La typo du titre et des menus est de l'Infini, heureuse initiative [https://www.cnap.fr/sites/infini/](https://www.cnap.fr/sites/infini/) (CC-BY-ND Infini, Sandrine Nugue / CNAP). La titraille est en Ubuntu et le texte en Cormorant Garamond.
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Merci à Mistral Oz pour son aide bienveillante ;) [https://www.lewebenplus.net/](https://www.lewebenplus.net/) ainsi qu'à Vincent (in)Génieux et Florent Le Saout :) [https://www.astrolabe.coop/](https://www.astrolabe.coop/).
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Merci à Mistral Oz pour son aide bienveillante ;) ainsi qu'à Vincent (in)Génieux et Florent Le Saout :) [https://www.astrolabe.coop/](https://www.astrolabe.coop/).
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<p>Le site est créé grâce à Hugo, <a href="https://gohugo.io/">https://gohugo.io/</a>, à partir du thème Notrack <a href="https://github.com/gevhaz/hugo-theme-notrack">https://github.com/gevhaz/hugo-theme-notrack</a>. Cette page d’accueil obtient un score de 82 sur 100 à l’index d’empreinte environnementale <a href="https://www.ecoindex.fr/">https://www.ecoindex.fr/</a> et se charge en moins d’une seconde.</p>
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<p>Merci à Mistral Oz pour son aide bienveillante ;) <a href="https://www.lewebenplus.net/">https://www.lewebenplus.net/</a> ainsi qu’à Vincent (in)Génieux et Florent Le Saout :) <a href="https://www.astrolabe.coop/">https://www.astrolabe.coop/</a>.</p>
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<p>Le contenu de ce site est sous licence <a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/?ref=chooser-v1">Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International !</a>, CC BY-NC-SA 4.0 Yves Picard.</p>
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<p>Paris, le 8 novembre 2015, à madame Mercedes Perón Fernandez. : J’ai donc, conformément à vos souhaits, enquêté sur vos petits-enfants, à savoir le fils de Charlotte votre fille adoptée, et les filles et fils de Sócrates, Giulia, Elias, Nathalie et Solange vos enfants…<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/">Read more...</a></span>
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<h1 class="page-title">Les Petits-enfants de madame Perón racontés à elle-même</h1>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/reecriture/">Issus du Namowrimo 2015, ces *Petits-enfants* sont en réécriture !</a></h3>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/1_intro/">lettre de remise de l'enquête</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>0001-01-01</time>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-30</time>
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<p><span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/reecriture/">Read more...</a></span>
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<p>Paris, le 8 novembre 2015,
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à madame Mercedes Perón Fernandez,
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J’ai donc, conformément à vos souhaits, enquêté sur vos petits-enfants, à savoir le fils de Charlotte votre fille adoptée, et les filles et fils de Sócrates, Giulia, Elias, Nathalie et Solange vos enfants.
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Vous n’êtes pas, au vue de mon enquête, la parfaite anonyme qui s’est présentée à moi à Bermeo en ce début d’année : un court récit Guerre con amore évoque une partie de votre vie (Espagne, Italie, France de 1936 à 1945), qui a pu servir au scénario de Señora Buscar, film tourné en 1980 pour la télévision espagnole.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/1_intro/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/2_aurore-ponti/">Aurore Ponti</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-29</time>
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<p>Aurore Ponti est née le 28 avril 1970, à Nice, première née de Sócrates et d’Olga Ponti (elle de son vrai nom Evguénia Kovalia Abalakov, Olga étant son nom de résistante qu’elle a souhaité garder ensuite).
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La première fois que je rencontre Aurore, c’est chez elle, dans un appartement rue de Chine à Paris. Elle ne va réellement pas bien, respire mal et fort, elle est sans arrêt courbée en deux, la tête face au sol.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/2_aurore-ponti/">Read more...</a></span>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/3_michel_ponti/">Michel Ponti</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-28</time>
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<p>Michel Ponti est né le 1erseptembre 1971, à Nice, il est le deuxième enfant de Sócrates et Olga Ponti. Dans les archives de Nice Matin ou du Progrès de Lyon, je n’ai trouvé de lui que des portraits convenus et lisses. Une photo que m’a donnée depuis sa sœur aînée Aurore me semble plus juste pour distinguer le personnage.
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Nous sommes dans l’arrière-pays de Nice, en 2000, sur le terrain des sports d’une petite ville.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/3_michel_ponti/">Read more...</a></span>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/4_ruth_yves-marie/">Ruth et Yves-Marie Ponti</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-27</time>
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<p>Dans l’arrière-pays de Nice, je rencontre en juin 2015 Ruth (née en 1973) et Yves-Marie (né en 1977), derniers enfants de Sócrates Ponti. Ces mêmes jours, je rencontrerai leurs cousin et cousine né·es les mêmes années Alessandro (1973) et Carla (1977), enfants de Giulia Ponti. Leur enfance, ce dont ils me parlent en premier dure toute la décennie quatre-vingts, de par et d’autre de cette – encore – frontière européenne.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/4_ruth_yves-marie/">Read more...</a></span>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/5_carla/">Carla Minore</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-26</time>
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<p>Carla est née en 1977 à Gênes, seconde enfant de Giula Minore fille de Sócrates. Elle vit actuellement à Toulon où elle est ouvreuse au cinéma Le Palace. Carla est petite, galbée, jolie, pouponne quand elle est maquillée, mais je devine du style popotte le soir chez elle : chaussons aux pieds dans le canapé et plaid sur les épaules. Elle semble sérieuse et réfléchie. Carla est seule en ce moment, elle vit avec sa fille Juliet.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/5_carla/">Read more...</a></span>
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</article>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/6_alessandro/">Alessandro Minore</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-25</time>
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<p>« Je suis un enfant du rock et de la technique, sourit Alessandro. Et de l’Europe, bien sûr. »
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Alessandro m’a donc accueilli au ferry à Gênes, il m’a offert un café. Son abord est franc et ouvert, ses yeux sont marron clair et vous fixent avec intérêt. Il porte beau sa cinquantaine, peau bronzée, cheveux mi-longs peignés avec soin, un blouson de cuir noir. Il parle français et anglais couramment.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/6_alessandro/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/7_mentor_mattei/">Mentor Mattei</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-24</time>
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<p>Mentor Mattei m’a accueilli chez lui un jour de bora à Trieste, au coin de la rue Dante, en haut de la magnifique maison Smolars. Puis il est allé dormir.
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– Une ou deux heures. Installez-vous, je vous ai préparé des papiers sur la table. Des archives.
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Nos échanges se font en anglais. Mentor vit la nuit, essentiellement. Il est patron de plusieurs bars de nuit ici en Slovénie et jusque dans la Croatie proche.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/7_mentor_mattei/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/8_achille_mattei/">Achille Mattei</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-23</time>
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<p>J’ai reçu en juillet ce billet de la part de Achille Mattei, posté de Bari dans les Pouilles (Italie).
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« Monsieur Ludovic Tuillier,
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« Suite à votre sollicitation de documents concernant mon père, je vous renvoie auprès de mon frère aîné Mentor Mattei, rue Dante, Trieste. Lui seul possède des écrits familiaux et il a toujours refusé de m’en donner copie. “Vôtre, “Achille Matei.
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Je lui ai répondu assez rapidement :<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/8_achille_mattei/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/9_julie-besnard/">Julie Besnard</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-22</time>
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<p>Saint-Grégoire, le 3 octobre 2015
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De Julie Besnard à monsieur Ludovic Tuillier.
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Monsieur,
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Comme vous me l’avez proposé, je me permets de vous écrire cette lettre. Ce sera à la fois un complément au dossier que vous m’avez demandé de compléter et aussi peut-être une façon pour moi d’exprimer des sentiments divers. Mon mari Alain Besnard, auquel je ne veux rien cacher, m’y a encouragé.
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Je dois vous dire que cette semaine passée en votre « compagnie » m’a rendue mal à l’aise.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/9_julie-besnard/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/10_janis/">Janis Trouvé</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-21</time>
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<p>« Braderie à Saint-Anne-la-Forêt, 2004 », une photo prise par Julie Trouvé de son petit ami d’alors, qui prend un peu la pose, déhanché, une main au creux des reins, une jambe en avant comme dans une fente de patinage artistique. Derrière un étal, avec une chemise à rayures et à pattes, ses cheveux envahissant le front et un jean sans style, se tient Janis, alors un garçon de dix ans.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/10_janis/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/11_famille_noel/">Portrait de la famille Noël</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-20</time>
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<p>Un mercredi après-midi de juillet, je rencontre Solange Noël chez elle, à Saint-Malo. Elle habite en lotissement non loin de la Briantais, en amont du barrage sur la Rance. Elle m’offre le café et se tient prête à répondre à mes questions. Sa nièce Julie Besnard lui a expliqué les choses, ça facilite le contact. Deux de ses enfants, Julien, 17 ans et Roman, 13 ans, sont mineurs et il n’est bien sûr pas question pour moi de les aborder sans l’accord et la supervision des parents.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/11_famille_noel/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/12_guillaume_noel/">Guillaume Noël</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-19</time>
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<p>« Le trait dominant de la sensibilité individualiste est en effet celui-ci : le sentiment de la “différence” humaine, de l’unicité des personnes. […] L’individualisme est essentiellement un pessimisme social. » (La Sensibilité individualiste, Georges Palante, paru sous le titre original Anarchisme et individualisme. Étude de psychologie sociale, Revue philosophique, 1907 ; reéd. Folle Avoine, 1990.)
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Ma volonté, c’est de partir un peu plus loin encore. Je fais ces études Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) et ensuite, je m’engage.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/12_guillaume_noel/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/13_journee_particuliere/">Une journée particulière</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-18</time>
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<p>Le 13 novembre 2015 UN JOUR COMME LES AUTRES
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… oui, mais le soleil va plus vite." Les États-Désunis, Vladimir Pozner.
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Madame, vous devriez recevoir ce dossier le 12 novembre. Je me suis permis, afin de rendre en quelque sorte visible votre diaspora européenne, d’emprunter à Vladimir Pozner son procédé qui consiste à suivre le soleil éclairer une journée sur un territoire. Lui a décrit ainsi le 21 septembre 1936 au dessus des USA, j’ai choisi ce 13 novembre, pensant qu’ainsi vous pourriez suivre en simultané la vie vos petit-enfants.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/13_journee_particuliere/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/14_derniere_visite/">Dernière visite à Aurore</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-11-17</time>
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<p>Je retourne à l’hôpital Lariboisière. Aurore a changé de chambre et m’en a averti. Celle-ci est beaucoup plus médicalisée : il y a au-dessus du lit toutes les arrivées d’air ou d’autre chose, tout un meuble de monitoring est garé à droite du lit. L’air semble plus chaud, moins naturel que dans la première chambre. Par la fenêtre, on ne voit plus que le ciel, sauf à se hisser au-dessus de la partie autocollantée d’un blanc neigeux.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/14_derniere_visite/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/15_intro-dossier/">Fermeture du dossier MPF</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-10-17</time>
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<p>Paris, 11 novembre 2015,
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De retour de la Poste où j’ai envoyé à l’adresse convenue mon rapport d’enquête. Une grosse enveloppe kraft mais pas si épaisse que cela, au final. Je rassemble mon dossier de travail pour archive. Lui est beaucoup plus volumineux. J’achève ma mission avec l’impression qu’il y aurait encore à dire. Parmi les papiers, trois notes retiennent mon attention, je les relis. Elles font état de mes recherches sur madame Perón Fernandez et sa biographie, ainsi que mes recherches sur Stéfano et Josef.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/15_intro-dossier/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/15a_dossier_mpf/">Notes sur Mercedes Perón Fernandez</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-10-16</time>
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<p>Bermeo, janvier 2015 Je n’ai rencontré qu’une seule fois Mercedes Perón Fernandez, en janvier 2015. Le rendez-vous était prévu un mercredi à Bermeo, au nord de Guernica dans le pays basque espagnol. Je fis le trajet en train et arrivai ainsi la veille. Je m’installai à l’hôtel dans le centre, sur la place Sabino Arana Goir, en face de la maison consistoriale. Tous mes frais me seraient remboursés.
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Je fis le tour de la vieille ville, par la côte et retour sur l’ancien port, je ne croisai quasiment personne.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/15a_dossier_mpf/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/16_stefano/">Enquête sur Stéfano</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-10-15</time>
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<p>Que devient Charlotte à la toute fin de la guerre ? Elle a suivi sa mère, peut-être en France puis sûrement vers la Yougoslavie, restant j’imagine dans ses jupes. Enfin, pas si longtemps que cela puisqu’elle est mère de Stéfano, sans que je connaisse le père. Stéfano est parti d’une façon ou d’une autre, seul, de la Yougoslavie – à moins que Charlotte ait pu partir elle aussi ?
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je relis mes notes de mon voyage à Malte, alors que j’écris mon rapport d’enquête.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/16_stefano/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/17_josef/">Questions sur Josef</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-10-14</time>
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<p>Une photo fournie par Mentor me pose question. Il s’agit d’un large portrait de groupe, peut-être une grande famille, ou une équipe de sport ou le lendemain d’une fête arrosée et joyeuse devant un bâtiment qui pourrait être un cabaret. Il y a des jeunes garçons, des jeunes femmes, un homme que je distingue des autres par ses habits différents, plutôt paysans. Derrière est tendu entre deux fenêtres le drapeau yougoslave.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/17_josef/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/18_14_novembre/">14 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-18</time>
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<p>Désœuvré hier soir, j’ai repris en main l’exemplaire de Guerre con amore mais ma lecture a été interrompue. D’abord par une panne électrique sur l’un de mes ordinateurs : j’en ai été très contrarié car j’ai investi de l’argent il y a deux mois à le réparer, argent et temps perdus, donc. Dans un moment de fébrilité, fébrilité dont j’ai oublié la cause, j’ai embroché une fiche jack de casque dans une prise USB.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/18_14_novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/19_15_novembre/">15 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-09</time>
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<p>Piloté par une infirmière, je parcours à nouveau tous ces couloirs et elle me fait entrer dans la chambre, sans plus de manière.
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– Elle dort. Elle pourrait se réveiller et il sera bon alors que vous soyez là. Vous êtes de la famille ?
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– Euh, …
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– Qu’importe. Si ça bippe, j’arrive. Si je traine, appelez une collègue avec ce bouton, ici. À tout à l’heure.
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Pas difficile de se faire une amie ou de rentrer dans sa famille, je me dis en souriant : il suffit de venir la voir deux ou trois fois sur son lit de mort.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/19_15_novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/20_16_novembre/">16 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-08</time>
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<p>Michel Ponti m’appelle :
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— Alors, ce déménagement en Bretagne, lui démandé-je. Ou êtes-vous installé maintenant ?
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— Baie de Saint-Brieuc, à Hillion, tout près d’Yffignac.
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— Ah !, le pays de Cripure !
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— Comment ?
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— Oui, le pays du Sang Noir, celui du philosophe Georges Palante, auteur notamment de la Sensibilité individualiste et professeur de Louis Guilloux. Mais laissez cela, que vouliez-vous me demander ?
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— Il manque quelque chose à votre histoire : vous interrogez sans le dire plusieurs membres de la famille.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/20_16_novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/21_17_novembre/">17 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-07</time>
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<p>De Jeff Cadier à Ludovic Tuillier, Vendôme, 15 novembre 2015.
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Mon vieux Ludo, t’as quand même de la chance d’avoir encore des copains dans la PQR, et par exemple un couillon comme moi capable d’aller vadrouiller un weekend dans le Perche profond pour chercher trace d’émigrés yougoslaves des années cinquante… Après, c’est certes plus amusant que les AG d’association. Mais c’est dimanche et je suis assis devant la planche sur tréteaux qui me sert de bureau, j’observe mon PC portable en couvrant de mes mains ma tasse à café.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/21_17_novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/22_19-novembre/">18-19 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-06</time>
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<p>Mes notes virent au livre de bord, au carnet d’enquête, je laisse couler : j’ai dépassé depuis longtemps la version officielle du rapport Perón Fernandez. Quand la réalité s’échappe, il faut bien la rattraper et le style du procès-verbal est alors mieux adapté qu’un récit à la comtesse de Ségur.
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J’ai été plutôt actif ce matin, avant de prendre le train pour Rennes. J’ai encore fait appelé Achille à Bari, avant qu’il ne parte en classe.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/22_19-novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/23_20_novembre/">21 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-05</time>
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<p>Les jours comptent un petit peu double en ce moment pour moi — et peut-être pour nous tous, nous sommes en état d’urgence. Avant-hier, j’avais cette nouvelle que, pendant que Mercedes Perón Fernandez était à Belgrade avec monsieur Louis Joxe et le maréchal Tito, quelqu’un se mariait en France sous son nom. Je n’ai pas passé deux jours à la place d’un seul à méditer sur la réalité : Charlotte s’est mariée le 11 juin 1965 avec Louis-Marie d’Aunis avec le nom de Mercedes Perón Fernandez.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/23_20_novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/24_22-novembre/">22 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-04</time>
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<p>Ce matin, je lance la vieille cafetière du bureau. J’ai mal un peu partout d’avoir mal dormi. Guillaume bouge et grogne sur le mince matelas à même le sol. J’hésite car je ne sais plus ce que c’est d’être jeune : se réveille-t-on à la simple odeur délicieuse du café ou bien quand vraiment quelqu’un nous met des coups de pieds au cul ?
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Je rallume mon ordi. Les tante et nièce Julie et Solange ont fait chauffé le scan,.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/24_22-novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/26_23-novembre/">23 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-03</time>
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<p>Je me réveille dans le bazar de mon atelier, quai de la Rapée. Sur mon ordinateur, un mot laissé par Guillaume : « Ma mère et ma tante ont appelé. Elles voulaient savoir pour la télé. (euh, c’est quoi cette histoire de télé ????). Je suis sorti une petite heure. »
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Je télécharge et enregistre les dossiers envoyés par Julie Besnard et Solange Perrin. Rapidement, je sais que tout confirme l’hypothèse.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/26_23-novembre/">Read more...</a></span>
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/27_24-novembre/">24 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-02</time>
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<p>Je me réveille à l’odeur du café, je n’ai dormi que la fin de la nuit. Tout a dérapé, j’ai envie de tout envoyer promener. J’arrive furieux dans la salle, je renverse ma tasse, jure, suis presque à pleurer.
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– Hé : stop !
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Guillaume me prends aux épaules et, là, je ne peux plus bouger. Dis-donc, elle est où la vioque ? Réfléchis ! Là, tout de suite, réfléchis !<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/27_24-novembre/">Read more...</a></span>
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</article>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/28_25-novembre/">25 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-09-01</time>
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</p>
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<p>Ce matin est l’apaisement. Mon esprit me semble en ordre, je suis reposé.
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Mais on sonne à la porte.
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On sonne encore à la porte.
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Je réagis cette fois. Je vais ouvrir : Achille Mattei me sourit très largement. Mais, derrière lui, quinze gendarmes ont les casques rabattus et
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je n’y puis dès l’abord discerner d’émotion,
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sauf leur honneur.
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Et malgré tout, tutti quanti et toute chose étant égale par ailleurs n’est-ce pas ?<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/28_25-novembre/">Read more...</a></span>
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</article>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/29_26-novembre/">26 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-08-30</time>
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<p>La nuit s’installe et l’atelier – je ne parle plus de mon atelier, nous y sommes quatre – s’organise en PC de combat. Je n’aime pas trop cette expression, disons en îlot d’action. Un camp dans le sens où les jeunes emploient désormais ce vieux mot. La bande hétéroclite est formée par Achille Mattei, Solange, Julie et moi-même. Au téléphone, par haut-parleur, Aurore nous parle quand elle le souhaite du fond de son lit à Lariboisière.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/29_26-novembre/">Read more...</a></span>
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</article>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/30_27-novembre/">27 novembre 2015</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-08-29</time>
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<p>Adieu, soleil, mon œil est étoupé !
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Ronsard.
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Aux premières heures, je suis passé au commissariat pointer. Janis a déposé en même temps un document, une copie du recours au tribunal administratif qu’il a rédigé la nuit. Lorsque nous sommes rentrés, l’atelier était complètement rangé, le frigo débordait de produits frais du marché. Mon bureau avait été complètement débarrassé et seul mon ordi était posé dessus, chaud, ouvert, une simple fenêtre avec dedans mon rapport d’enquête.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/30_27-novembre/">Read more...</a></span>
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</article>
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<article class="blog-post-summary">
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<h3 class="blog-post-title"><a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/31_epilogue/">Épilogue</a></h3>
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<p class="blog-post-info">Posted: <time>2025-08-28</time>
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<p>Alors que nous attendons l’avion en provenance de Rome, la plupart d’entre nous sommes sur la terrasse de l’aéroport de Bermeo. Il y a la branche Ponti : Michel et sa famille, Ruth, Yves-Marie avec Marin ; Giulia, Allessandro son fils, Carla et Juliet. Sont arrivés dans le même avion de Paris Julie Besnard, Janis, Solange Noël, son mari leurs fils Julien et Roman. Guillaume est déjà là depuis une semaine pour préparer cette rencontre.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/recits/les-petits-enfants-de-madame-peron/31_epilogue/">Read more...</a></span>
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</p>
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</article>
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@@ -121,7 +121,8 @@ RAF : Mauvaise idée alors. On attaque pas un VIP. On est pas prêts pour ça. Q
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<p>Raf est le donneur d’ordre de la Digue de la Culasse, celui qui pense, celui qui a la stratégie. L’actif.</p>
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<p>– En mer, j’étais actif. La plupart des équipages étaient composés majoritairement de Russes ou de Caucasiens en tout cas. Comme Estonien, je ne pouvais pas me permettre d’apparaître passif. Je me serais fait démonter la gueule et traiter de pédé. Ça aurait été l’enfer, je n’aurais pas survécu. Actif, j’étais au moins respecté dans le rôle de l’esseulé. On me foutait la paix mais je ne me risquai qu’à prudence de loup. Je visais les officiers hors du Parti ou les mécanos solitaires …</p>
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<p>L’éditeur avait toujours rêvé de publier un témoignage choc de ce genre. Il avait cherché auprès de pas mal de groupes militants, dans les diasporas si possible opprimées. Il avait passé des heures avec des universitaires spécialistes des régimes violents ou fermés. Ah, si ce Potz voulait bien se mettre à écrire <em>vraiment</em> ! C’est une jeune cousine de l’éditeur qui l’avait mis sur la piste de l’ancien marin. Elle l’avait écouté un soir qu’il était invité sur une des radios de p-node.org. Son interview était bien menée et lui s’exprimait avec simplicité. Il avait chanté a capella <em>Je suis malade et sans avenir avec toi</em>, précisant que le texte en russe parle du cancer (fréquent chez les mécaniciens à cette époque sur les bases navales) mais que celui qui avait composé la chanson en 1987 pensait à une toute autre « maladie », celle-ci officiellement reconnue par l’État.</p>
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<p>L’éditeur avait toujours rêvé de publier un témoignage choc de ce genre. Il avait cherché auprès de pas mal de groupes militants, dans les diasporas si possible opprimées. Il avait passé des heures avec des universitaires spécialistes des régimes violents ou fermés. Ah, si ce Potz voulait bien se mettre à écrire <em>vraiment</em> ! C’est une jeune cousine de l’éditeur qui l’avait mis sur la piste de l’ancien marin. Elle l’avait écouté un soir qu’il était invité sur une des radios de p-node.org. Son interview était bien menée
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et lui s’exprimait avec simplicité. Il avait chanté a capella <em>Je suis malade et sans avenir avec toi</em>, précisant que le texte en russe parle du cancer (fréquent chez les mécaniciens à cette époque sur les bases navales) mais que celui qui avait composé la chanson en 1987 pensait à une toute autre « maladie », celle-ci officiellement reconnue par l’État.</p>
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<p>Je suis malade et sans avenir, avec toi <br>
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J’ai tant turbiné avec mon corps !, mais si peu, avec toi <br>
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@@ -71,7 +71,7 @@
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<p>Résumés des récits Les Terre-pleins
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Autour de Rennes, des Horizons à Tihouït. | 2010–2013
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Tina, la fille de monsieur Marc, décide de franchir la barrière symbolique de la rocade. Maghlout, lui, tourne déjà sur les terre-pleins autour de Rennes. Les Petits-enfants de madame Perón racontés à elle-même
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||||
Nanowrimo 2015. De Berméo à Saint-Malo. *Via* Paris. | 2015-2021
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||||
Nanowrimo 2015. De Berméo à Saint-Malo. *Via* Paris. | 2015-2025
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||||
Madame Perón Fernandez demande à un journaliste d'enquêter et de lui raconter la vie de ses petits-enfants qu'elle ne connait pas.<span> <a href="https://edition.rechampir.net/resumes/resumes/">Read more...</a></span>
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</p>
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</article>
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@@ -107,7 +107,7 @@ Maghlout, lui, tourne déjà sur les terre-pleins autour de Rennes.</em>
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<p class="resume-entry-data"><span class="where">Nanowrimo 2015. De Berméo à Saint-Malo. *Via* Paris.</span> |
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<span class="when">2015-2021</span></p>
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<span class="when">2015-2025</span></p>
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@@ -1,34 +1,166 @@
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User-agent: omgilibot
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User-agent: panscient.com
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User-agent: PerplexityBot
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User-agent: Poseidon Research Crawler
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User-agent: quillbot.com
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User-agent: SemrushBot-SWA
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User-agent: ShapBot
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User-agent: Sidetrade indexer bot
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User-agent: TerraCotta
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User-agent: Timpibot
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User-agent: TongyiBot
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User-agent: TwinAgent
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User-agent: webzio-extended
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User-agent: ZanistaBot
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@@ -7,6 +7,102 @@
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