Les Terre-pleins

(Rencontre avec Martin.) – Je suis Martin, un des gars de Promenade qui a pris la route. Promenade-Späziergang=, c’est une marque, elle est écrite là sur mon camion, ça te dit peut-être quelque chose ? – Peut-être, oui… Je cherche une fille qu’un gars comme toi aurait pris en stop hier. – Non. C’est pas moi. Y’a jamais de fille dans mon camion. Même ma femme… Je te parlais de l’usine, les Promenade…. Read more...

Davis

Ce matin, Davis a fait un aller-retour à hôpital Pontchaillou, comme tous les mardi. Encore une fois, il a filé à toute allure sur la rocade Nord. De la camionnette-bus « handicapés » de Momo, par la fenêtre arrière, à travers les deux rails pour les fauteuils roulant relevés, il a vu comme dans un film les séquences de terre rythmées par les ponts et leurs piles taguées. Davis a remarqué qu' « Azote » était passé ce weekend refaire ses chromes sur les piles des ponts. Read more...

Du haut des horizons

M. Marc est debout à la baie de son appartement, dernier étage des Horizons, whisky. Strathisla cinquante ans d’âge – plus vieux que ces tours ! Rennes s’expose à M. Marc, comme toujours. Une carte vivante, à l’échelle un pour un, la ville qu’il aime tant. Toute sa vie y est inscrite, quasiment dans chaque rue. Parmi les lumières, il y distingue les lueurs des bougies de ses souvenirs, les spots des chantiers sur lesquels il travaille, les marques rouges des rénovations déjà actées. Read more...

La balade de Maghlout

Maghlout marche dans la brume. Le bruit des voitures est considérablement assourdi. On entend les chiens des campagnes, quelques bruits des maisons des lotissements. Maghlout a ouvert à demi son anorak et a retiré son bonnet. Tout est apaisé et après l’heure de route, il ressent le bonheur de la marche longue. Celui, physique, de l’effort assumé par un corps au travail mais aussi le plaisir du trajet utile. Maghlout va trouver Guillaume, quelque part autour de la sortie Saint-Malo. Read more...

Maghlout, son père.

Je deviens vraiment un ancêtre ici, tu sais. Mon dernier souvenir ? Curieusement, c’est comme un début : j’ai rêvé avant-hier de mon père. Il était respectueux, honnête et en bonne santé. Béni de Dieu : que des fils ! Religieux comme il le fallait, amoureux de la côte de Tan Tan et de sa mer, simple dans sa vie. Mais marié, ses garçons l’ont rendu malade. Au fur et à mesure que mes frères grandissaient, ils quittaient bien sûr la maison. Read more...

Martin, au bout de la cigarette

Oui, bien sûr, il y a eu un premier soir. Mais on ne le sait pas. Ce soir devient le premier parce qu’il y en a eu d’autres après, un deuxième, un troisième. Après, les soirs font vite la semaine et bientôt tu perds le compte, tout a changé. D’autres habitudes se mettent en place, celle par exemple de téléphoner « je rentre. » Ça fait quinze jours ou trois semaines. Read more...

Martin. Guillaume et les menuisiers

Oh !, entre moi et Guillaume, ça n’a pas toujours été. C’est un grand type avec des idées un peu souples à mon goût et qui a du mal à rester en retrait. Il trouve toujours quelque chose à dire, il le puise dans l’air ambiant, tu vois ? Tout en étant parfois cassant et affirmatif. J’ai assisté régulièrement à ses numéros. Répéter ou dire le contraire d’une fois sur l’autre, ça ne le dérange pas. Read more...

Tina chez Guillaume

– Qui elle est ton invitée du soir, Guillaume ? Je t’en ai déjà beaucoup dit je trouve en te racontant mon voyage ! Je suis une drôle de fugueuse, hein ? Je fugue ma « seconde de détermination » ! Tu devrais t’inquiéter, détournement de mineure, ça peut chercher loin… – Je n’ai pas peur. T’as seize ans quand même. Est-ce un crime d’héberger une ado ? – Ce serait plutôt être ado qui est un crime, ou plutôt un châtiment… Une accumulation de petits non fiévreux, instinctifs qui ne se rassemblent jamais en quelque chose de construit et que la fille qui est devant toi est bien obligée de prendre quand même ! Read more...

Tina continue

Ce matin, j’ai enroulé mon sac de couchage, fini ma bouteille d’eau entre toilette de chat et quelques gâteaux et je me suis mise en route, le long de la rocade. J’étais décidée. Cette fois j’allais aller loin. J’avais l’intention de bien « rouler », de faire route au long cours. J’avais quantité de nuages au-dessus de moi. Le vent, chaud, m’enveloppait, me caressait et faisait parfois violemment claquer mon blouson. Read more...